L’Institut François Mitterrand était présent à Château-Chinon à l’occasion du week-end inaugural de la Cité des Présents – François Mitterrand. Le trentième anniversaire de la disparition de ce dernier a donné lieu à plusieurs événements au sein même de la ville.
L’Auditorium du centre culturel Condorcet accueillait, samedi 9 mai, Jean Glavany à la suite de la parution de son ouvrage François Mitterrand. Conversations intimes. La rencontre, animée par la libraire Véronique Méry, s’est achevée sur une séance de dédicace.

Dans le cadre du cycle commémoratif « François Mitterrand, homme de lettres », la représentation « François Mitterrand, l’amoureux à la lettre », s’est ensuite tenue au cinéma l’Étoile, en compagnie du metteur en scène Ivan Morane et de l’actrice Élise Lhomeau.

La table ronde « François Mitterrand : porter la voix de la France et dans le monde » – animée par Jean Glavany –, en présence de Edwige Avice, Jean Musitelli et Anne Lauvergeon a introduit la journée du 10 mai.

Le traditionnel dépôt de gerbe s’est déroulé, comme à l’accoutumée, sur l’esplanade François Mitterrand ; s’est ensuivi un déjeuner au Vieux Morvan en présence de personnalités politiques locales et nationales puis de membres nivernais de l’Association des Amis de l’Institut François Mitterrand.

L’après-midi était consacré à l’inauguration – précédée par une parade musicale – de la Cité des Présents – François Mitterrand.

« François Mitterrand : porter la voix de la France en Europe et dans le monde », salle du Conseil de l’Hôtel de Ville, 10 mai 2026
Une table ronde intitulée « François Mitterrand : porter la voix de la France en Europe et dans le monde », organisée par l’Institut François Mitterrand en partenariat avec le Conseil départemental de la Nièvre, s’est tenue dimanche 10 mai, dans la salle du Conseil de l’Hôtel de Ville de Château-Chinon. L’échange était modéré par Jean Glavany, ancien ministre et chef de cabinet du président de la République durant le premier septennat. Trois acteurs du temps se sont succédé afin de relater leurs souvenirs, leur expérience ainsi que la vision de François Mitterrand dans le domaine des relations internationales.
Edwige Avice, ancienne ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères Roland Dumas – de 1988 à 1991 –, a établi un cadrage général de la période ; elle est ainsi revenue, au fil de son exposé, sur certains événements clés : discours de Cancún, bicentenaire de la Révolution française, plan de paix du Cambodge, discours de La Baule, Sommet de Rio. Ils lui ont permis de souligner la place de la France dans le monde – « Nous avions, a-t-elle notamment rappelé, une influence culturelle et diplomatique » – et de préciser la pensée de François Mitterrand, traversée par une fine connaissance de l’histoire ; elle lui a été bénéfique afin de mieux appréhender l’avenir.

Jean Musitelli, conseiller diplomatique et porte-parole de François Mitterrand à la présidence de la République, a assisté à trois cents entretiens bilatéraux et participé à des dizaines de voyages dans le cadre de ses fonctions. Il a, par conséquent, été témoin de cette « relation personnalisée » établie par François Mitterrand avec ses interlocuteurs étrangers. Ses souvenirs ont émaillé une réflexion consacrée à trois points : les relations Est-Ouest, l’Europe, le Proche Orient. Jean Musitelli a évoqué la méthode de François Mitterrand, non sans rappeler sa vision « durable » face aux événements. Tous les outils ont été utilisés par le président de la République, a-t-il précisé, pour « fédérer et trouver la voix de la France ».

Anne Lauvergeon, ancienne « sherpa » de François Mitterrand de 1991 à 1995, est revenue sur son rapport au temps – face aux bouleversements de l’histoire – et a souligné la pertinence du sujet dont l’intitulé, « Porter la voix de la France en Europe et dans le monde », a été l’une des grandes ambitions de François Mitterrand pendant quatorze années. Les diverses anecdotes ont confirmé les observations précédentes sur sa vision et sa méthode : « Il détestait le vacarme des puissances, a ajouté Anne Lauvergeon ; il voulait le dialogue des nations. » Le leitmotiv du président de la République relatif à la place de la France sur l’échiquier international peut être résumé ainsi : une France indépendante, une Europe forte et le dialogue plutôt que la confrontation.

Ces trois témoignages ont fait émerger, dans toute leur complémentarité, une série de réflexions sur la manière même de gouverner et de penser au-delà de l’immédiateté, sur les acquis et défis à venir dans un contexte géopolitique bouleversé.