9 avril 1991

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Discours de François Mitterrand du 17 mai 1995


Siège du parti socialiste

le 17 mai 2015

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Il y a 20 ans le 17 mai 1995 se tenait la passation des pouvoirs entre entre François Mitterrand et Jacques Chirac à la présidence de la République. A l’issue de celle ci François Mitterrand tient son "dernier" discours au siège du Parti socialiste, rue de Solférino.

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François Mitterrand au siège du Part socialiste,
le 17 mai 1995, lors de son discours d’un"adieu" faisant suite à la passation entre lui et Jacques Chirac. (avec l’aimable autorisation de Claude Azoulay)

« Le Parti socialiste est désormais le Parti de l’alternance. Lorsque les Français désireront changer de politique, c‘est vers vous qu’ils se tourneront, et c’est peut-être l’un des grands progrès de ces dernières années, de ce qui a suivi 1971, Epinay, puis 1981, c’est que nous sommes redevenus, vous êtes redevenus, une force politique et sociale capable d’entraîner la France chaque fois qu’elle en sentira la nécessité pour pus de justice, pour plus de liberté, pour la mise en place d’une certaine idée de la société qui nous est chère.

C’est très agréable de vous retrouver ici, comme cela, aujourd’hui, je ne veux pas avoir l’air d’organiser une contre-manifestation... ce serait mal venu, et d’autre part, moi j’achève ma vie politique, je ne suis pas venu ici pour la recommencer, je l’achève, j’aborde la dernière étape de mon existence, dont j’ignore la durée, mais enfin elle ne peut pas être extrêmement longue, non pas forcément à cause de la maladie, mais parce que en même temps on vieillit et je connais les statistiques sur la durée de la vie humaine, mais malgré tout, il est des moments où un homme sent bien qu’il est des... comment dirais-je ... instants où la vie s’exalte ou s’accomplit, ce moment en fait partie.

Je me souviens de notre premier rassemblement de 1971 et de ce qui a suivi le Congrès d’Epinay, je me souviens aussi de l’élan formidable qui m’a accompagné en 1981, je me souviens de la force et de l’espoir qui nous portaient lorsque nous nous sommes installés chez vous, Pierre Mauroy, qui m’avez accompagné à l’Arc de Triomphe selon la tradition, le jour de mon investiture, et puis les gouvernements qui ont suivi, mais pouvions-nous mesurer la somme des difficultés qui nous attendaient ?

D’abord, c’était le premier gouvernement socialiste, on pourrait dire, naturellement, le deuxième historiquement ce serait beaucoup plus vrai, après celui de Léon Blum en 1936. Tous les autres étaient des gouvernements de coalition qui ne prétendaient pas accomplir ou faire avancer le programme et les idées des socialistes.

Deux gouvernements, deux périodes dans toute l’histoire de la République.

Cette dernière période a effectivement duré dix ans sur quatorze, puisque pour les quatre ans à soustraire, il a fallu que je me débrouille ! Je me retrouvais un peu tout seul, avec de ci de là un visage connu, mais finalement, on a tenu et je crois qu’aujourd’hui la France nous sait gré d’avoir réussi l’alternance, d’avoir géré la France correctement, d’avoir imposé quelques idées nouvelles et d’avoir modifié des lois importantes.

(…)

Nous sommes maintenant vraiment appelés, vous êtes appelés, après moi, dans les temps qui viennent, et surtout les plus jeunes, à devoir vous considérer comme un Parti d’opposition, lorsque c’est nécessaire, et un Parti de gouvernement lorsqu’il le faut aussi.

(…)

Je remercie ceux qui m’ont beaucoup aidé, accompagné au cours de ces longues années, certains sont sur la tribune. Je suis très heureux du réveil que j’observe, le réveil de l’espoir, la force des consciences, votre élan militant, la réalité de votre organisation, la réussite de la campagne présidentielle, tout cela me remplit de joie. On ne peut pas limiter la vie d’une organisation et surtout d’une grande idée d’organisation de la société, à la vie, au travail d’un homme, et même à sa tâche réussie, moins réussie, peu importe, chacun le dira, mais cela va beaucoup plus loin, vous êtes beaucoup plus que cela, vous êtes même la génération qui transmettra à d’autres, et moi pour le peu de temps que j’ai devant moi, je suis heureux de retrouver des socialistes, des camarades, des amis dont je sais que retournés chez eux, il leur faudra reprendre la tâche, patiemment, résolument, entourés souvent par des classes dirigeantes hostiles, obligés d’affronter constamment des revendications qu’ils ne sauront satisfaire, bref la vie politique dans toute son ampleur, telle qu’elle est, telle qu’elle se vit, telle qu’elle se fait.

Cela vous attend. Vous allez continuer après moi, vous avez commencé avec moi, ou bien vous avez rejoint le gros de la troupe au cours de ces trente dernières années.

(…)

C’est pour moi une joie que de savoir ici présents tant de militants et tant d’élus du Parti qui font que même si les tourmentes à la tête parfois font courber les cimes des arbres, à la base c’est solide, parce qu’on y croit et parce qu’on se dévoue.

Chers amis, au revoir et merci. »


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