28 septembre 1984

François Mitterrand reçoit Coluche à l'Elysée.

L’éditorial


Editorial | par Hubert Védrine le 13 décembre 2010

Dans ce numéro nous revenons sur deux grands desseins, deux grandes politiques de la présidence Mitterrand.

En premier lieu la décentralisation. Elle est d’une brûlante actualité avec la loi sur les compétences territoriales. On a trop oublié ce qu’était l’organisation, dépassée, de la France, avant les grandes lois de décentralisation Mitterrand/ Mauroy/ Defferre. Nous y revenons. Des experts, des responsables actuels (Alain Rousset et Claudy Lebreton) nous éclairent sur ce sujet.

Ensuite l’euro. Les négociations entre Européens dans les années précédant le moment décisif Kohl/Mitterrand sur l’euro sont très intéressantes à rappeler au moment où l’avenir de la zone euro est posé et où sa gouvernance est en discussion. Un acteur historique, Elisabeth Guigou, nous apporte son témoignage.

S’agissant de la polémique sur François Mitterrand et l’Algérie provoquée par le livre de Benjamin Stora, nous reprenons dans la Lettre le communiqué de l’IFM qui rappelle cette exigence historique et politique minimum : le refus de tout anachronisme. Nous remettons donc les faits dans leur contexte.

La polémique suscitée par la divulgation par WikiLeaks, puis quelques grands journaux, de plus de 20 000 documents diplomatiques américains dérobés par un soldat américain révolté appelle les commentaires suivants :

1) Tout cela est déjà à peu près connu des spécialistes et même des lecteurs du Monde. Il n’y a pas de « révélation » majeure. Cependant on mesure mieux, par exemple l’alignement du président Sarkozy non pas sur les Etats-Unis, mais sur l’administration Bush.

2) Cela va gêner gravement la diplomatie américaine.

3) Les procédures de secret seront revues et renforcées.

4) La preuve est faite que les grands journaux ne sont pas en état de refuser une telle aubaine, quelque soit le procédé de divulgation.

5) Les journalistes et les medias sont profondément divisés entre partisans de la transparence, de facto sans limite, et partisans d’une éthique de responsabilité.

6) A l’époque du « tout internet » aucun secret militaire, diplomatique, économique, bancaire, fiscal, industriel, scientifique, mais aussi médical, journalistique (les sources) ou privé n’est protégé à 100%. Cela donne le vertige et prête à réfléchir. Cela appelle aussi des réponses technologiques, juridiques, politiques et philosophiques.

PS : A l’occasion de son voyage en Corée, le président Sarkozy a conclu avec le gouvernement coréen un accord pour la restitution d’archives coréennes sur la base des principes posés en 1993 par François Mitterrand. Il a eu raison. C’est un épisode de la grande offensive « des pays du Sud » pour se voir restituer les biens culturels pillés pendant la colonisation. Vu les bouleversements du monde, la France et les autres pays occidentaux, anciens colonisateurs, ne peuvent pas camper sur la seule proclamation du caractère « inaliénable » de nos collections. Il faut avancer, trouver des solutions novatrices.


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