28 septembre 1984

François Mitterrand reçoit Coluche à l'Elysée.

D’Alger à l’Elysée, la présidentialisation de François Mitterrand


Politique internationale | par Judith Bonnin le 18 juillet 2013

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François Mitterrand de retour en Algérie
François Mitterrand de retour en Algérie, en visite officielle, le 9 mars 1989. Visite du site archéologique de Tipaza avec le Président Chadli Bendjedid (DR/IFM)

François Mitterrand se rend pour la première fois en Algérie durant la Seconde Guerre mondiale [1], puis en 1947 comme ministre des anciens combattants et en 1954 comme ministre de l’Intérieur. Il n’y retournera qu’en 1976 en tant que Premier secrétaire du Parti socialiste et leader de la gauche. Entre temps, outre le changement de République en France, l’Algérie est devenue une des têtes de proue de ce qu’on appelle encore le Tiers Monde et le parti socialiste français a été refondé au congrès d’Epinay en 1971. En son sein, l’heure est au rejet du molletisme et au renouvellement doctrinal et politique. Dans le domaine international, le mot d’ordre est l’établissement d’un « nouvel internationalisme ». La volonté du PS d’établir des relations neuves avec l’Algérie en est l’un des témoignages.

Ce qu’incarne ce voyage de 1976, c’est à la fois une volonté de réconciliation avec les partenaires algériens - le Front de Libération National (FLN) - et le tournant interne et international du PS. Parallèlement au glissement générationnel qui s’opère dans le parti, où la majorité des nouveaux dirigeants a fait ses armes politiques durant la guerre d’Algérie et contre la SFIO, on observe une subduction de cet héritage rejeté et du passé de François Mitterand, en faveur des nouvelles orientations prises en 1971.

Ce voyage commence le 24 février 1976 et s’achève dès le 27 février pour François Mitterrand et Pierre Mauroy, le 29 pour le reste de la délégation du PS [2]. Invités par le FLN, les socialistes souhaitent poser les bases de rapports nouveaux. Ce voyage prend place dans un contexte franco-algérien particulièrement tendu en raison de la crise du Sahara occidental [3]. Plus largement, le FLN se dit déçu de promesses non tenues par la France tandis que le PS multiplie les mains tendues.
Parmi les quatre-vingt six voyages à l’étranger effectués par François Mitterrand entre 1971 et 1981 [4], celui-ci est sans nul doute un des plus documentés, notamment parce qu’il a un fort écho sur la scène politico-médiatique française [5]. En l’étudiant, on souhaite ainsi à la fois éclairer les grands enjeux structurels soulevés par la diplomatie socialiste dans ces années de guerre fraîche et les enjeux spécifiquement liés aux rapports socialo-algériens.

Quels enjeux pour les partis en présence ?

Donner corps à la refondation du PS : partir sur de nouvelles bases

D’un point de vue politique comme personnel, l’enjeu principal de ce voyage pour François Mitterrand est de laisser définitivement derrière lui son action ministérielle durant la guerre d’Algérie [6], qui entachait sa biographie politique d’homme de gauche. Ce voyage est un jalon participant autant de sa présidentialisation que de la préparation de l’arrivée de la gauche au pouvoir [7].

Le PS a à cœur dans la zone méditerranéenne de se détacher de l’héritage atlantiste et pro-israélien de la SFIO, qui avait conduit à une rupture du dialogue avec les pays arabes. Les partenaires français du FLN sont tout sauf socialistes : d’un côté la majorité de droite dont la politique est pro-arabe et défend l’indépendance nationale. Et de l’autre côté de l’échiquier, il est proche du parti communiste, aux positionnements pro-palestiniens.

Tout en maintenant son rapport privilégié avec les travaillistes israéliens, le PS cherche alors à rééquilibrer ses positions et contacts dans cette zone, ainsi qu’au sein du mouvement des non-alignés. Ces inflexions sont perceptibles dès 1972, avant et au cours du voyage d’une délégation socialiste menée par François Mitterrand en Israël (14-19 mars 1972) [8]. En dépit de vraies divergences socialistes au sein du Parti sur ces questions, réactivées par la guerre et la crise de 1973, la trame de fond est bien celle d’une inflexion pro-arabe de la ligne du Parti. Le voyage que François Mitterrand effectue en Egypte du 27 janvier au 1er février 1974 en est la preuve : aucune délégation socialiste n’avait été missionnée par le PS en pays arabe depuis la crise de Suez. Peu à peu, aux seules relations personnelles qui s’étaient maintenues par-delà la Méditerranée se substituent des relations institutionnelles officielles.

Cette dynamique est portée par divers groupes au sein du PS. On peut songer à certains hommes de la Convention des Institutions Républicaines, comme Claude Estier, resté proche des partis progressistes arabes ; aux nouvelles générations d’adhérents pour qui la guerre d’Algérie avait souvent été un motif d’engagement en politique et de rejet de la SFIO. C’est le cas de Lionel Jospin, entré au Parti au début des années 1970 et responsable du Secteur International au Tiers-Monde à partir de 1975 [9], mais aussi de tous les anciens membres du PSU qui ont rejoint le PS à sa fondation et lors des Assises du socialisme de 1974. Le CERES, aile gauche du PS, était également très sensible à la cause palestinienne. Cependant, tous les socialistes ne sont pas également convaincus de la pertinence du choix du régime de Boumediène comme interlocuteur, ni de la nature socialiste de son régime [10]. Et il est clair qu’à la direction du Parti, le rapprochement avec l’Algérie est plus souhaité pour des raisons de stratégie internationale et intérieure, que pour le « modèle » de socialisme que celle-ci incarne. L’Algérie est surtout pour le PS une pièce cruciale de sa politique envers les non-alignés et le Tiers monde, un partenaire pour l’établissement d’un Nouvel ordre économique mondial (NOEI) [11].

Un voyage sensible, minutieusement préparé par le PS

Le voyage de 1976, censé donner à voir la réconciliation socialo-algérienne, est donc minutieusement préparé. Toute la diversité des profils des intermédiaires a été mise a profit. C’est en premier lieu le cas de Claude Estier qui a un temps vécu en Algérie et qui, invité en 1974 par le FLN à célébrer l’anniversaire de l’insurrection algérienne, prend à cette occasion les premiers contacts pour la venue de François Mitterrand [12]. Michel Rocard et Lionel Jospin sont aussi mobilisés : ces derniers rencontrent notamment à ce sujet en mars 1975 le président de l’Amicale des Algériens en Europe (relais du FLN) et à la fin du mois de juin 1975, L. Jospin est envoyé par le PS à Alger pour faire avancer ce dossier [13].

Les organes internationaux du PS produisent de multiples notes et analyses, et le plan de communication est très soigné. Contrairement à la plupart des déplacements internationaux du Premier secrétaire, celui-ci est annoncé avec emphase dans la presse. De plus, un plan de communication est établi, à destination de l’opinion française comme du FLN, via Le Monde et le Nouvel Observateur [14].

La composition de la délégation socialiste témoigne enfin du souci du PS de présenter en Algérie son meilleur visage. Conformément aux us de la diplomatie partidaire sont présents le Premier Secrétaire, ainsi que les secrétaires internationaux du Parti, passé (Didier Motchane) et actuels (Robert Pontillon et L. Jospin). La présence de Claude Estier se justifie par ses relations algériennes et par sa qualité de rédacteur en chef de L’Unité chargé de couvrir l’événement. Quant à Adolphe Benamour, secrétaire fédéral de l’Hérault et voyageur inédit, seule sa proximité passée avec le FLN justifie sa présence [15]. Tout comme Gilles Martinet, ancien PSU, il est un renfort : les délégués sont, au sens strict, des ambassadeurs de la nouvelle politique du PS. Enfin, on note que cette délégation, à l’image de beaucoup d’autres, est exclusivement masculine, ce qui provoque l’ire d’Yvette Roudy [16].

Le FLN et la « diplomatie du billard » [17]

La détérioration des relations officielles franco-algériennes est indéniablement le principal facteur de rapprochement du PS avec le FLN. Le voyage du président français Valéry Giscard d’Estaing en Algérie en avril 1975 avait été très chaleureux, mais n’avait pas enclenché le processus de coopération économique plus poussée que souhaitaient les Algériens. La crise sahraouie exacerbe ces tensions qui expliquent alors la manière dont les autorités algériennes ont instrumentalisé et mis en scène ce voyage.

C’est ce jeu du FLN et du pouvoir algérien sur deux registres différents - cadre partisan et cadre officiel - se servant d’un PS consentant comme d’une boule de billard destinée à faire bouger les autorités françaises, qui va faire de ce voyage un motif de polémique entre le PS et la majorité giscardienne.

Diplomatie partidaire et enjeux intérieurs

Cette situation sensible, doublée de l’importance historique de la relation franco-algérienne et de la proximité des élections cantonales (7 et 14 mars 1976), explique l’ampleur du suivi de ce déplacement par les médias et l’importance que la majorité a pu lui consacrer. Il compte ainsi parmi les quatre voyages de François Mitterrand qui donnent lieu à au moins dix séquences télévisuelles et est également un des plus couverts par Le Monde.

De la diplomatie partidaire classique ?

Par bien des aspects, ce voyage est un « classique » du genre : invité par un parti étranger, le PS dépêche une délégation sur place, qui rencontre des hauts dignitaires politiques et découvre une partie de ce qui fait l’originalité de son régime politique et de ses réalisations [18]. On perçoit deux phases distinctes dans ce voyage : les deux premiers jours durant lesquels François Mitterrand et Pierre Mauroy sont présents, riches en entretiens politiques et plus légers en visites et une seconde partie, plus touristique.

Parmi les interlocuteurs du PS, on compte de nombreux responsables politiques, y compris officiels, puisque le FLN a le statut de parti unique : Houari Boumediène, président de l’Algérie, est leur hôte le plus illustre. Ils s’entretiennent aussi notamment avec les ministres de l’Enseignement supérieur, du Travail et des Affaires sociales, des Affaires étrangères (Abdelaziz Bouteflika). Les entretiens portent sur leurs politiques intérieures respectives, ainsi que sur des problématiques internationales spécifiques (NOEI, relations Nord-Sud).
Par ailleurs, on note que conformément à leurs habitudes les délégués socialistes rendent une visite de courtoisie à l’Ambassade de France. Ils y sont reçus par l’ancien ambassadeur d’Algérie, Guy de Commines, dont le compte rendu au Cabinet du ministre des Affaires étrangères est assez acide, pointant selon lui la méconnaissance socialiste du dossier algérien [19].
Durant les deux derniers jours, la délégation part découvrir le modèle algérien dans les régions de Constantine, d’Annaba et d’Oran, à travers des complexes industriels, un village agricole, etc. L’Algérie est alors loin d’être terra incognita mais il s’agissait de confronter leurs connaissances théoriques à la réalité, de découvrir pleinement « un certain nombre de réalisations de l’Algérie nouvelle [20] » #sdfootnote30sym.

L’exportation d’une concurrence intérieure...

La proximité du voyage de François Mitterrand avec celui du chef d’Etat est en soi significative d’une réelle compétition internationale par le voyage : il s’agissait d’occuper les espaces stratégiques au sens propre comme figuré. Et cette concurrence est exacerbée par les autorités algériennes elles-mêmes qui en suivant un protocole officiel forcent la comparaison avec l’accueil fait à Valéry Giscard d’Estaing. Houari Boumediène participe ainsi exceptionnellement à des échanges partisans, se déplace, reçoit François Mitterrand à trois reprises et déclare publiquement que « quand il n’y a plus de rapport d’État à État, il doit y avoir des rapports de peuple à peuple » [21]. Certains journalistes vont jusqu’à comparer ce voyage, à celui, concomitant, de Richard Nixon en Chine [22].

Les journalistes français soulignent tous la couverture importante accordée par El Moujahid à cet événement. Et l’iconographie médiatique de ce voyage a tout d’une iconographie officielle, avec photographies de la poignée de main et de l’installation sur fauteuils précédant les entretiens.

Bien que le PS reste prudent il se pose clairement en concurrent direct du pouvoir. Dans une Ve République où la politique internationale est une prérogative présidentielle, François Mitterrand se pose en présidentiable crédible. Il rencontre ainsi les opposants directs aux positions françaises, les représentants du Front Polisario.
De même, s’il modère sa rhétorique, il use de la conférence de presse organisée à Alger par le FLN et retransmise en direct à la télévision algérienne pour relayer ses positions et tacler la majorité en s’émouvant publiquement du « fléchissement » des relations franco-algériennes. Il déclare ainsi :
« Je pense que les Algériens sont des gens qui reçoivent bien. Très bien quand ça leur fait plaisir. Bien quand ça leur plaît moins. J’ai l’impression qu’ils nous ont très bien reçus. De là à dire que nous avons été reçus comme dans des relations d’État à État, de façon présidentielle, je pourrais vous le confirmer seulement dans quelques temps, c’est-à-dire lorsqu’une délégation du Parti socialiste français reviendra, lorsque la gauche sera au pouvoir. A ce moment-là nous ferons des comparaisons, utiles, mais je pense que nous continuerons d’être bien reçus, avec simplement une compétence nouvelle, et des obligations différentes [23] ».
La majorité ne tarde pas à réagir à ce qu’elle perçoit comme une provocation et lance depuis Paris, avant même le retour de la délégation, une polémique polyphonique. Parmi les Républicains indépendants comme à l’UDR, certains se déclarent choqués de l’attitude et des propos de François Mitterrand, qu’ils accusent de cautionner les critiques adressées par le FLN à la France [24]. Le Premier secrétaire s’en défend au cours de la conférence de presse, se dédouanant de toute ingérence ou interférence avec la diplomatie française, en précisant qu’il avait décalé son voyage d’un an « par courtoisie et déférence à l’égard du chef de l’État » et en réaffirmant la légitimité de ce voyage : « Le P.S. entend défendre les intérêts de la France, et des Français, et nous considérons qu’au premier plan des intérêts français se situe la coopération avec l’Algérie ».

La polémique est relancée à son retour par une déclaration du Premier ministre Jacques Chirac, qui l’accuse d’avoir profité de la crise franco-algérienne à des fins personnelles et électorales. Il rappelle notamment que « les relations entre la France et l’Algérie ne sont pas des relations de parti politique à parti politique, ce sont des relations d’État à État [25] ». Il l’accuse surtout de ne s’être informé qu’auprès des autorités algériennes et non auprès de celles de son pays. Ces critiques sont relayées par Valéry Giscard d’Estaing lui-même, interpellé à ce sujet lors d’une réunion de presse quelques semaines plus tard [26].
Le Parti socialiste, par la voix de François Mitterrand, comme de celles de Claude Estier [27] et de Didier Motchane [28], mène une énergique contre-attaque. Les socialistes dénoncent cette polémique comme une manipulation électorale. Ce voyage fut en effet parfois directement cité comme argument de campagne par des candidats de l’UDR [29].

Union de la gauche et concurrente internationale ?

A cette date, l’union de la gauche se porte encore relativement bien. Si le PS est très conscient des rapports priviégiés entretenus par le PCF et le FLN, rien n’indique que ce voyage ait été envisagé par les socialistes comme un moyen de se rapprocher ou de concurrencer le PCF. D’ailleurs, le FLN lui-même argue de l’union de la gauche pour balayer les questions relatives à ses préférences au sein de la gauche française [30]. Néanmoins, certaines réactions de Georges Marchais accréditent la réalité d’une concurrence internationale dans l’union [31].

Quels acquis après ce voyage ? Des rapports socialo-algériens renouvelés ?

Comme toujours, le bilan des entretiens, cristallisé dans un « communiqué commun », est très consensuel. Le climat aurait été plein de « compréhension et d’amitié », et le PS déclare avoir apprécié les acquis de la révolution et du modèle de développement algériens. Les deux partis soulignent leurs convergences sur la nécessité de mettre en place un NOEI, de favoriser la détente pour faire de la Méditerranée un « lac de paix », de repenser les rapports Nord-Sud, ainsi que sur la nécessaire autodétermination du Sahara. Seules leurs appréciations sur le Moyen-Orient sont pointées comme une divergence. Cette dimension consensuelle était une loi du genre, renforcée par le fait qu’il fait l’objet de brouillons très précis, rédigés en amont du voyage [32].

Ce qui est ici plus exceptionnel, c’est que le communiqué se clôt par une volonté de « concrétiser » ces engagements via un « protocole d’accord », signé à Alger le 28 et qui annonce un échange permanent d’informations et documents sur leur action nationale et internationale respective, la multiplication des contacts, ainsi que la constitution de groupes de travail sur les questions d’intérêt commun, une commission sur le NOEI et une sur l’émigration algérienne en France [33].

Cet approfondissement du dialogue engagé au cours de voyages est relativement rare : le seul précédent donc nous ayons connaissance concerne l’USA égyptienne [34]. C’est également une nouveauté pour le FLN qui n’a de commission permanente avec aucun autre parti français [35]. Dès la fin de l’année 1976 ce groupe se met en place et sa première réunion a lieu sur le thème du NOEI au siège du PS les 20 et 21 janvier [36].

Le voyage en Algérie semble être le seul à avoir eu un impact diplomatique majeur et à incarner à ce point un tournant. Si l’image personnelle de François Mitterrand et des socialistes français dans leur globalité pouvait rester associée avant 1976 à la politique molletiste de la guerre d’Algérie, après ce voyage, les liens PS-FLN sont rétablis de manière durable.

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François Mitterrand dépose une gerbe
devant le monument du Pdt Boumedienne au cimetière militaire Algérien, le 30 novembre 1981.

Conclusion

Ce voyage est un exemple remarquable de la diplomatie officielle du PS dans les années 1970 : il permet de saisir l’articulation de réseaux personnels avec la politique du Parti, ainsi que les similitudes de cette diplomatie avec la diplomatie étatique. La stratégie de présidentialisation est ici évidente, tout comme l’ouverture effective au "Sud" du PS dans ces années.

Si François Mitterrand plaisanta en conférence de presse sur l’accueil présidentiel qui serait bientôt réservé aux socialistes français en Algérie, c’est chose fait en 1981. A son arrivée à Alger, l’un de ses premiers gestes sera d’ailleurs pour son hôte de 1976 : il ira se recueillir sur la tombe d’Houari Boumediène.

Judith Bonnin, Université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité, Laboratoire ICT, EA 337, F-75205 Paris, France. En cotutelle avec l’Université de Bologne.

Judith Bonnin a obtenu le Prix de l’Institut François Mitterrand 2013, son interview "3 questions à ... Judith Bonnin" est à lire ici

[1En novembre 1943, alors résistant, il part de Londres pour Alger afin d’y rencontrer le général de Gaulle.

[2Celle-ci était composée de secrétaires nationaux (Gilles Martinet, Lionel Jospin, Claude Estier, Robert Pontillon), de membres du Bureau exécutif (Didier Motchane, Pierre Joxe), d’un collaborateur du Secrétariat international au Tiers Monde (Jacques Hutzinger), d’un élu (Jacques Carat) et d’un secrétaire fédéral (Adolphe Benamour).

[3Cette crise complexe pour le contrôle du Sahara occidental oppose la Mauritanie et le Maroc au Front Polisario, mouvement sahraoui soutenu par l’Algérie. Or la France avait pris position pour les premiers.

[4Cet article est tiré de mon mémoire de M2 soutenu à Paris Diderot – Paris VII en 2012, sous la direction de Mme S. Coeuré, sur les voyages à l’étranger de François Mitterrand à l’étranger entre 1971 et 1981. Ce travail a reçu le prix de la Fondation Jean Jaurès, ainsi que de l’Institut François Mitterrand.

[5Sources : archives socialistes de la Fondation Jean Jaurès (FJJ : fonds Robert Pontillon ; Premier secrétariat ; relations internationales ; Alain Chenal), archives diplomatiques de Nantes, ouvrages biographiques, entretiens, presse socialiste et nationale (Le Monde, archives télévisuelles à l’INA).

[6Ministre de l’Intérieur de novembre 1954 à février 1955, puis Garde des Sceaux de février 1956 à juin 1957, dans le gouvernement de Guy Mollet.

[7Claude ESTIER, mardi 6 décembre 2011, 1h10, enregistrement vocal ; Alain CHENAL, mardi 21 février 2012 et jeudi 27 juin 2013, 1h30 et 2h, enregistrement vocal. On note que dans la presse française consultée, ainsi que dans ce qu’elle relaie de la presse algérienne, ce passé mitterrandien est mentionné. En France on rappelle ses propos sur l’Algérie française et ses fonctions en 1954, en Algérie c’est son refus de compromis qui est pointé. De plus, dans les notes internes du PS, notamment celle de Georges Morin citée ci-après, ce passé est narré et explicitement présenté comme un poids pour le PS, nécessitant qu’au cours de ce voyage il se refasse "une virginté", à la fois pour les Algériens, pour l’électorat et pour les miltants socialistes. Si comme B. STORA et F. MALYE l’indiquent dans François Mitterrand et la guerre d’Algérie, Paris, Pluriel, 2012, p. 9 et p. 283-284, l’oubli de cette période s’organise, le mot tabou semble hyperbolique. En effet, plus que la volonté d’occulter, de cacher, de taire, on perçoit un désir partagé de tourner une page considérée comme close depuis 1971.

[8J.-P. FILIU, Mitterrand et la Palestine : L’ami d’Israël qui sauva par trois fois Yasser Arafat, Paris, Fayard, 2005, p. 35-40.

[9L. JOSPIN, Lionel raconte Jospin : entretiens avec Pierre Favier et Patrick Rotman, Paris, Éd. du Seuil, 2010, p. 27-46.

[10FJJ, 8FP7/325, « Note sur les conflits franco-algériens (en vue du voyage en Algérie de François Mitterrand) » par Camille Scalabre.

[11FJJ, Fonds Chenal 10 RI1, "Voyage du premier secrétaire à Alger. Texte préparatoire à la réunion de travail de la commission tiers monde" par exemple.

[12C. ESTIER, La plume au poing, Paris, Stock, 1977, p. 156-157.

[13FJJ, Fonds Chenal 10 RI8, divers documents.

[14FJJ, Fonds Chenal, 10 RI, note sans titre de Georges Morin sur les relations gauche-Algérie, datée du 5 février 1976.

[15O. DEDIEU, « Adolphe Benamour », Le Maîtron en ligne.

[16FJJ, Fonds Chenal, 10 RI 1, note d’Yvette Roudy à Lionel Jospin, Paris, 17 février 1976.

[17INA, « MITTERRAND à Alger », JA2 20H, 2, 25 février 1976.

[18Cette dimension n’a pu être ici développée, mais le PS, très sollicité avant son départ par des particuliers dans des dossiers humanitaires, aborde ces cas de Français emprisonnés dans des circonstances troubles, tant avec le Font Polisario qu’avec le FLN.

[19CADN, 21 PO/8/205. Dépêche de Guy de Commines à Maurice Ulrich, Directeur du Cabinet du Ministre des Affaires étrangères, Alger, 1er mars 1976.

[20« Mitterrand chez Boumediene », L’Unité, 193, 20 février 1976, p. 10.

[21INA, « MITTERRAND à Alger », JA2 20H, 2, 26 février 1976.

[22INA, « MITTERRAND à Alger », JA2 20H, 2, 25 février 1976.

[23INA, « MITTERRAND à Alger », JA2 18H30, 2, 27 février 1976.

[24P. BALTA, « M. Mitterrand répond aux critiques de la majorité au sujet de son voyage en Algérie », Le Monde, 28 février 1976, p. 2.

[25INA, « CHIRAC : réponse voyage MITTERRAND », JA2 20H, 2, 27 février 1976 par exemple.

[26« Déclaration du chef de l’État », Le Monde, 24 avril 1976, p. 8-9.

[27INA, « MITTERRAND à Alger », JA2 20H, 2, 26 février 1976.

[28« Après le voyage du Premier secrétaire du P.S. à Alger », Le Monde, 6 mars 1976, p. 2.

[29« Deux emples de la Propagande U.D.R. », Le Monde, 17 mars 1976, p. 9.

[30P. BALTA, « Les Algériens manifestent leur confiance à M. Mitterrand », Le Monde, 27 février 1976, p. 4.

[31« En réponse à M. Chirac. M. Mitterrand déclare s’être informé auprès des services compétents avant de se rendre en Algérie », Le Monde, 29 février – 1er mars 1976, p. 5.

[32FJJ, Fonds Chenal 10 RI8, « Projet de communiqué PS-FLN ».

[33FJJ, Fonds Chenal 10 RI8, « Protocole d’accord entre le Parti du Front de Libération Nationale et le Parti socialiste ».

[34« François Mitterrand au Caire », Le Poing et la Rose, 25, mars 1974, p. 4.

[35INA, « François MITTERRAND (visite Alger et réponse à R. CHINAUD) », IT1 13H, 1, 27 février 1976.

[36FJJ, 811 RI 1, « Communiqué du Secrétariat au Tiers Monde du 21 janier 1977 ».


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