Décembre 2005. Dossier "Les écrivains"
Editorial –
François Mitterrand, les livres, les écrivains.
Par
Hubert Védrine,
le
2 janvier 2006.
« François Mitterrand : l’homme politique par excellence. Et pourtant, pour paraphraser Julien Gracq, il paraît avoir passé sa vie « en lisant » (toutes ces photos de lui lisant, en avion, dans une chaise longue à Latche, un livre à la main sur sa photo officielle), et « en écrivant » (son stylo Waterman, la feuille raturée d’encre bleue dans le halo de la lampe, les grands discours, près de vingt ouvrages, une correspondance privée considérable).
François Mitterrand, (...).» Lire la suite
Point de vue –
Littérature, la deuxième tentation de François Mitterrand.
Le
3 janvier 2006.
« Dès sa première jeunesse, puis lorsqu’il était étudiant et jusqu’au terme de sa vie, François Mitterrand n’a jamais cessé de se passionner pour la littérature et pour ceux qui s’y consacraient. Il lit énormément, de tous les genres, il ne cesse jamais d’écrire et de publier, à son rythme. Il fréquente les écrivains de son temps qui l’ont touché et qui, souvent, deviendront des amis. Homme politique, il utilise le livre pour faire connaître ses idées. (...).» Lire la suite
Point de vue –
Le rendez-vous de l’esprit et du cœur.
Par
Jean-François Huchet,
le
5 janvier 2006.
« Évoquant sa jeunesse dans un long entretien avec Elie Wiesel [1], à la question : « Aviez-vous l’ambition d’être un grand écrivain ? », François Mitterrand répond : « Si j’avais eu une ambition, elle aurait été celle-là. Mais je me voyais plutôt dans la peau d’un tribun de la Convention : j’écrivais les discours à leur place. » Cette confession résume le balancement qui a ensuite rythmé une partie de sa vie publique : tribun, il l’a été, avec brio, sans (...).» Lire la suite
Point de vue –
« L’objet livre ».
Le
9 janvier 2006.
« Le Président est célèbre pour son goût de l’écriture, pour ses lectures, mais aussi pour son amour de l’objet livre sous toutes ses formes : les éditions anciennes, les livres d’art ou les livres de poche. Des nouveautés, il en reçoit tous les jours, une centaine selon Jacques Attali. Il prend toujours quelques minutes pour les trier et mettre de côté ce qu’il va au moins feuilleter. Le Président se rend aussi, très souvent, dans les librairies parisiennes et (...).» Lire la suite
Point de vue –
Le verbe et la plume.
Par
Jean-François Huchet,
le
11 janvier 2006.
« François Mitterrand doit nombre de ses succès politiques à ses éminentes qualités de tribun. À bien d’autres, ce talent aurait paru suffisant. Il n’empêche : le besoin d’écrire l’a constamment habité. Hésitation entre deux genres ? Recherche d’un prolongement, d’un affermissement de la pensée au moyen de l’écriture ? Il est clair qu’il ne s’est jamais résolu à n’exister qu’à travers une seule de ces formes d’expression. (...).» Lire la suite
Point de vue –
Les fréquentations littéraires.
Par
Lucie Fougeron,
Yannick Dehée,
le
14 janvier 2006.
« Loin de se contenter de copieuses lectures, François Mitterrand cherche à fréquenter d’aussi près que possible les auteurs contemporains. Au cours de son existence, il se bâtit donc un réseau très serré de fréquentations littéraires, démontrant un talent certain pour la conversation et la séduction. Le premier cercle est celui des quelques écrivains dont le charme excède la littérature pour se confondre avec l’amitié. Bien avant 1981, ce sont les hasards de la vie et des amitiés (...).» Lire la suite
Archives –
La force d’une nécessité intérieure.
Le
15 janvier 2006.
« Au mois de septembre 1978, François Mitterrand participait à l’émission « Apostrophes » de Bernard Pivot avec, comme invités, Michel Tournier, Paul Guimard, Patrick Modiano et Emmanuel Le Roy Ladurie. C’était à l’occasion de la sortie de son livre « L’Abeille et l’architecte ». Extraits.
Bernard Pivot - Cet ouvrage est la suite de La Paille et le grain, une chronique qui couvre les années 1975 à 1978.
François Mitterrand - Le terme « chronique » a été choisi (...).» Lire la suite
Archives –
Ceux qui ont inventé des mondes....
Le
16 janvier 2006.
« Extrait de l’interview de François Mitterrand par Pierre Boncenne.
Pierre Boncenne - Vous aimez, je crois, visiter les lieux où ont vécu des écrivains et des artistes ?
François Mitterrand - Oui, et même leurs cimetières. N’en tirez pas des conclusions d’ordre psychanalytique. Non, ce n’est pas une manie ! Mais il me semble que lorsqu’un écrivain choisit le lieu où il se mêlera à la terre cela donne une clé de son oeuvre. Je trouve par exemple touchant que (...).» Lire la suite
Témoignage –
« Guillemin, Berl, Thomas, Jünger et bien d’autres... ».
Par
Bernard Latarget,
le
17 janvier 2006.
« À l’automne de 1974, François Mitterrand rend une première visite à Henri Guillemin à La Cour des Bois, hameau du Mâconnais. L’écrivain lui fait découvrir un texte de Jaurès sur la mort de Tolstoï et ses ultimes méditations : la finitude humaine, le secret des constellations, les mystères de l’au-delà. Puis ils causent de Lamartine qui parcourut les chemins alentour : Milly, Bussières, Cormatin. « Un homme pour de bon » disait Guillemin du poète.
Le 5 septembre 1976 (...).» Lire la suite
Témoignage –
Pourquoi pas Lamartine ?.
Par
Jean Daniel,
le
18 janvier 2006.
« À cette époque, les intellectuels et autres gens de lettres affectaient de douter de la culture et du goût de François Mitterrand et, pour souligner le bien-fondé de leurs préventions, ils citaient le penchant de François Mitterrand pour Lamartine et Jacques Chardonne. Et puis, un jour, Bernard Pivot a invité le futur président de la République à son émission Apostrophes.
Et Mitterrand a été sereinement et tranquillement éblouissant. Évitant le brio autant que l’emphatie, il a situé (...).» Lire la suite
Témoignage –
Infiniment curieux, vrai lecteur de romans.
Par
Catherine Clément,
le
18 janvier 2006.
« Ai-je été écrivain au regard de François Mitterrand ? Oui, une fois. En recevant l’invite d’Hubert Védrine à porter témoignage des immenses capacités de notre Président en matière de littérature, j’ai failli jeter l’éponge. Une seule fois en tout et pour tout, est-ce vraiment la peine ? Voyons cela d’un peu près.
Je l’ai connu quand j’étais chef de la rubrique culture au Matin de Paris, quelques années avant son élection. À ma surprise, il (...).» Lire la suite
Témoignage –
Silence absolu sur le plateau.
Par
Bernard Pivot,
le
19 janvier 2006.
« Ce n’était que la cinquième émission d’Apostrophes. À l’occasion de la sortie de La Paille et le grain, j’avais convié François Mitterrand pour qu’il parle de son livre et de ses écrivains favoris. Il inaugurait une série intitulée « Une personnalité et ses lectures », car je considère qu’une personne renommée, populaire, capable d’évoquer avec intelligence et passion les livres qui ont marqué sa sensibilité, capable aussi d’expliquer le (...).» Lire la suite
Témoignage –
Souvenirs de François Mitterrand.
Par
Gabriel Garcia Marquez,
le
20 janvier 2006.
« Il y a quelques années, à la fin d’un dîner officiel à la Résidence de France de Mexico, nous fûmes invités par nos hôtes à prendre le café devant la cheminée. C’était une toute petite réunion de quelques Français, à laquelle j’étais convié grâce à l’aimable suggestion de l’invité d’honneur, François Mitterrand. Tranquillement et le sourire aux lèvres, comme toujours, il s’installa dans le fauteuil préféré du maître de maison et nous prîmes tous (...).» Lire la suite
Archives –
Littérature et politique.
Le
21 janvier 2006.
« Discours prononcé par François Mitterrand à Médan, le 10 octobre 1976 à l’occasion d’une célébration d’Émile Zola. (extraits)
Il m’est arrivé assez souvent de me trouver comme cela, aux commémorations, sur les lieux marqués par le souvenir d’un grand personnage oublié et ceux qui s’y rencontrent - j’en suis - ont parfois quelque chose de désolé : « Voilà, nous sommes les derniers à vous trouver ici. » Mesdames et Messieurs, vous n’êtes pas (...).» Lire la suite
Témoignage –
Un archipel de bibliothèques.
Le
22 janvier 2006.
« Le livre ancien est une évasion bien connue de l’entourage du Président. Il collectionne les éditions rares ou anciennes de ses écrivains préférés. Sa femme a appris l’art de la reliure dans les premières années de leur mariage : « C’était tout de suite après la guerre (...). Je me suis intéressée d’abord aux instruments du maître relieur. Il y avait un magasin devant lequel je passais souvent. Un jour j’y suis entrée, j’ai acheté un manuel, les (...).» Lire la suite
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