28 septembre 1984

François Mitterrand reçoit Coluche à l'Elysée.

Retour sur les événements de Nouvelle-Calédonie de 1988


Communiqué | Annonce publiée le 14 novembre 2011


Communiqué

Le film réalisé par Mathieu Kassovitz et intitulé « L’Ordre et la morale » sortira demain dans les salles de cinéma. Il est très largement inspiré de l’ouvrage publié simultanément par l’ex-capitaine Philippe Legorjus pour ce qui concerne les conditions d’intervention armée menée par le gouvernement pour libérer les otages de la grotte d’Ouvéa en mai 1988. [1]

L’Institut François Mitterrand n’a pas pour habitude de commenter ce type d’œuvres qui mettent en scène telle ou telle partie de la vie ou de l’action politique de François Mitterrand. En effet, même si elles s’appuient sur des faits réels, elles n’en restent pas moins des œuvres de création et donc, d’une certaine façon, de fiction. Elles relèvent de la liberté d’expression des auteurs aussi bien que de la libre interprétation des spectateurs.

Toutefois, à cette occasion, plusieurs articles, débats et émissions audiovisuelles ont eu lieu. Au cours de celles-ci, Philippe Legorjus – qui commandait à l’époque le groupe du GIGN participant aux opérations – s’est livré à plusieurs déclarations, accréditant notamment la thèse d’un François Mitterrand agissant par « cynisme ».

À cet égard, l’Institut François Mitterrand juge nécessaire de rendre publique la mise au point publiée ce jour sur son site.

Résumé des principaux éléments

De 1981 à 1986, François Mitterrand et les gouvernements de Pierre Mauroy et Laurent Fabius menèrent à l’égard du territoire de Nouvelle-Calédonie une politique qui visait, d’une part à corriger les injustices culturelle, économique et politique dont la communauté mélanésienne était victime, d’autre part à faire évoluer la gestion politique du territoire dont les Canaques étaient jusqu’alors exclus.
De 1986 à 1988, cette politique est radicalement remise en cause par le gouvernement de M. Jacques Chirac.
À la veille des événements dramatiques d’Ouvéa, François Mitterrand avait exposé au pays ses conceptions à l’égard du territoire dans sa Lettre à tous les Français.

Durant la prise d’otages du 22 avril au 5 mai 1988, le Président privilégie la négociation pour parvenir à la libération des otages. Il écrit au Premier ministre en ce sens. Le lendemain, 2 mai, ce dernier refuse la mission de conciliation qui lui était proposée.

Bien que réticent à une action armée, François Mitterrand donne son accord à la demande pressante du gouvernement, formulée le 3 mai en milieu de journée, à une opération armée sur la grotte d’Ouvéa prévue le soir même. Celle-ci lui est présentée comme devant être menée par le GIGN, être peu risquée pour les détenus, et préserver au mieux la vie des preneurs d’otages. Il insiste spécifiquement sur ce dernier point.
L’opération intervient en fait 24h plus tard, le 5 mai, sans que le Président en ait été prévenu et alors que les conditions sur le terrain avaient considérablement changé. L’assaut est très violent. Le retard de 24 heures, non expliqué à ce jour par le gouvernement, a eu des conséquences tragiques puisqu’il y a eu une vingtaine de victimes.

Le Président de la République après sa réélection confie à Michel Rocard la tâche de mener une politique de réconciliation et de règlement politique en Nouvelle-Calédonie. Laquelle conduit aux Accords de Matignon qui mettent un terme aux violences.

La photo prise est celle du Président de la République, le 19 janvier 1985, lors d’un voyage en Nouvelle-Calédonie. Il plante un arbre local en signe de dialogue.

[1Cf. Philippe Legorjus, Ouvéa, la République et la morale, Plon, 2011.


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