15 septembre 1978

Bernard Pivot reçoit François Mitterrand sur le plateau d’Apostrophes, le 15 septembre 1978 à l’occasion de la parution de "L’Abeille et l’Architecte".

Mitterrandisme(s)


Editorial | par Jean-François Mary le 4 décembre 2006

En matière de relations internationales, ce ne sont pas toujours les étiquettes politiques qui comptent, mais la qualité des acteurs et la volonté de travailler ensemble à des projets d’intérêt commun. La bonne entente entre Giscard et Schmidt, puis entre Mitterrand et Kohl, qui constituaient des couples a priori antagonistes, est bien connue des observateurs et des historiens.

La relation personnelle qui s’est nouée entre François Mitterrand et le Premier ministre canadien, Brian Mulroney leur est moins familière. François Mitterrand se moquait bien que son interlocuteur fût conservateur ou progressiste selon les critères canadiens.

Ce qu’il voyait, c’était l’homme politique pragmatique qui avait réussi à mettre un terme à vingt ans de guerre interne entre Ottawa et Québec ( à l’époque de la rivalité entre Trudeau et Chrétien) par la reconnaissance du fait québécois. Cela offrait à la France la possibilité de normaliser ses relations avec l’Etat fédéral sans pour autant renoncer à son lien particulier avec le Québec.

Avec la décrispation de la relation Ottawa-Québec, la France cessait d’être l’otage de querelles intestines. Cela a permis à François Mitterrand d’organiser à Paris en 1985 le premier sommet de la francophonie et donc de donner force agissante à cette vieille idée et à Québec d’accueillir le deuxième sommet en 1987.

Sur plusieurs grandes questions internationales de ces années-là, le Canada de Mulroney était un partenaire précieux dont les positions réalistes étaient souvent proches des nôtres et distinctes de celle des Etats-Unis (sur les questions de stratégie et de désarmement, sur les conflits d’Amérique centrale, sur l’aide au développement). C’est pourquoi une partie de ce numéro est consacrée à cette question.

La date de la prochaine élection présidentielle est proche. Nos lecteurs savent bien que ce n’est pas la vocation de l’Institut François Mitterrand d’intervenir dans la campagne électorale, quelles que soient les convictions politiques de ses animateurs et de ses responsables. Nous sommes seulement chargés de la conservation de l’héritage politique, social, culturel, international et intellectuel de François Mitterrand, ce qui est déjà beaucoup, surtout lorsque menacent l’oubli et le reniement.

Aussi l’institut a-t-il eu l’idée de réunir autour d’une table ronde pour le premier numéro de la lettre de 2007 les principaux acteurs et témoins qui ont accompagné et soutenu François Mitterrand lors de la première élection présidentielle au suffrage universel direct en 1965.

Ce dernier a eu plusieurs fois l’occasion de dire qu’il ne savait pas ce que c’était que le « mitterrandisme ». Avec les acteurs et témoins de cette époque, nous chercherons à savoir ce que représentait l’engagement politique, pour qui avait rejoint François Mitterrand il y a plus de quarante ans.

Membre du conseil d’administration de l’Institut François Mitterrand.


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