31 mai 1991

François Mitterrand au 33e congrès de la mutualité française. Il réaffirme sa volonté d'intégrer ceux qui sont exclus

Lunéville : le secret non dévoilé de Mitterrand


Killian THIERY, Adrien RAVIGNON, Pierre CHUBERT & Matthieu ZIVRE

Point de vue | le 31 mars 2020

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Daniel Groscolas & Christophe Rosé
lors du 35e anniversaire du "Geste de Verdun", le 20 septembre 2019 au Centre Mondial de la Paix à Verdun. (CMP Verdun/P.Hansch)

Cet article a été écrit par quatre lycéens de Jarville-la-Malgrange en Lorraine, suite à l’intervention de Daniel Groscolas le 20 septembre 2019 au Centre Mondial de la Paix, des Libertés et des droits de l’homme de Verdun lors de la journée franco-Allemande du 35e anniversaire du "Geste de Verdun".

Il est paru dans la Presse du Grand-Est (L’Est Républicain, Le Républicain Lorrain, Vosges Matin, DNA et L’Alsace), le 19 octobre 2019 dans le cadre de l’opération Journaliste d’1 Jour (J1J) organisé par les Dernières Nouvelles d’Alsace, l’Alsace en partenariat avec le Conseil Régional du Grand-Est et le CLEMI (Education Nationale).

François Mitterrand est connu en Lorraine pour le geste de réconciliation de Verdun avec Helmut Kohl en 1984, mais il a eu un autre moment fort dans notre région.

C’est Daniel Groscolas, ancien secrétaire général de l’Office Franco-Allemand pour la jeunesse, inspecteur général honoraire du ministère de l’Éducation nationale et ami proche de l’ancien président qui nous l’a fait découvrir.

1984, mais il a eu un autre moment fort dans notre région. C’est Daniel Groscolas, ancien secrétaire général de l’Office Franco-Allemand pour la jeunesse, inspecteur général honoraire du ministère de l’Éducation nationale et ami proche de l’ancien président qui nous l’a fait découvrir.

Mai 1940, alors simple sous officier, François Mitterrand est blessé à Verdun. « Un éclat d’obus l’a atteint à l’épaule droite, il saignait abondamment », précise Daniel Groscolas. Déplacé dans de multiples hôpitaux militaires en pleine débâcle, il est fait prisonnier à Bruyères, dans les Vosges, par les Allemands. Le 20 juin, il est transféré à l’hôpital de Lunéville. Il va alors se lier d’amitié avec une jeune infirmière lui permettant de communiquer avec sa famille grâce au courrier qu’elle postait clandestinement. Le 6 août, François Mitterrand apprend qu’il a dix minutes pour monter dans le wagon à bestiaux qui l’emmènera en Allemagne avec les autres prisonniers.

Il se saisit alors d’un bout de papier et griffonne un dernier mot à l’infirmière : « Je pars, je ne sais où… »

1980, en pleine campagne présidentielle, Mitterrand se rend à une réunion
publique en Lorraine. À la vue du panneau de Lunéville, François Mitterrand interrompt la conversation et dit à Daniel Groscolas : « Essayez de retrouver la jeune infirmière qui m’a soigné ». Il se lance alors dans de multiples recherches pour la retrouver, 39 ans plus tard… Désormais mariée et vivant toujours sur Lunéville, c’est un an plus tard, à l’abbaye des Prémontrés qu’ont lieu les retrouvailles : elles furent intenses en émotion pour les deux jeunes gens de 1940. Ce mot griffonné par François Mitterrand a été conservé par cette infirmière. Ce document unique sera peut-être dévoilé prochainement au grand public grâce à Daniel Groscolas.

Killian THIERY, Adrien RAVIGNON, Pierre CHUBERT & Matthieu ZIVRE


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