12 septembre 1991

Aux assises nationales des petites villes de France, François Mitterrand en appelle à la solidarité financière entre collectivités rurales.

Le voyage de François Mitterrand à Sofia en janvier 1989 : un vent de liberté ?


Politique internationale | par Arthur Delaporte le 10 octobre 2015

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Pour relancer sa politique à l’Est, après sa réélection de 1988, François Mitterrand se rend dans des pays dont les dirigeants ne sont pas ceux qui font le plus preuve d’ouverture démocratique dans une zone alors en pleine mutation.

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Petit déjeuner avec les intellectuels Bulgares
à la résidence de France, à Sofia le 19 janvier 1989, lors du voyage officiel du Président François Mitterrand en Bulgarie. A droite de la table : Ivailo Petrov, Radoï Ralin, Alexis Cheloudko, Blaga Dimitrova, François Mitterrand, Koprina Tchervenkova, Svetlin Roussev, Yordan Raditchkov,
A gauche de la table : Jean Musitelli / Bertrand de Lataillade (ambassadeur) / Jeliou Jelev / Antonia Peeva (interprète) / Roland Dumas / Barouk Chamliev / Nikolai Vassilev / Anguel Wagenstein (tournant la tête). DR/IFM

Ce choix a fait l’objet de critiques et certains comme Jacques Rupnik ont pu considérer que le président avait manqué de clairvoyance [1]. Le voyage à Sofia des 18 et 19 janvier 1989 s’inscrit au cœur de cette série de déplacements dans l’Europe communiste proche de la désagrégation, après celui en Tchécoslovaquie en novembre 1988 et avant la Pologne en juin 1989. Le régime bulgare était l’un des moins avancés dans le processus de Glasnost et de Perestroïka. Pour autant, loin d’être conçu comme un déplacement en soutien à un dictateur, Todor Jivkov, s’accrochant au pouvoir depuis le milieu des années 1960, le voyage à Sofia entendait à la fois entretenir et raviver les relations diplomatiques franco-bulgares tout en créant un espace de dialogue dans une société verrouillée. La recherche d’un équilibre entre le respect des hôtes et le soutien aux formes émergentes de contestation fait de ce déplacement un exemple de la politique mitterrandienne de relance à l’Est.

Le déplacement à Sofia répond à une invitation bulgare datant de l’élection de François Mitterrand en 1981, sur fond d’une promesse de ce dernier, lorsqu’il s’y était rendu en 1977 en tant que Premier secrétaire du Parti socialiste. Mais ce n’est qu’avec la politique de relance à l’Est qu’il voit le jour et est organisé en moins de deux mois. Il a été lu à la lumière du précédent en Tchécoslovaquie en décembre 1988. Dans l’immédiat, la visite à l’université dans la seconde moitié de la journée du 19 janvier a constitué le succès du voyage : les journalistes saisissent à la volée la liberté de ton des étudiants. La singularité de cette visite présidentielle n’émerge que progressivement et a posteriori, après la chute brutale de l’apparemment inébranlable Todor Jivkov, le 10 novembre 1989 et plus encore lorsque Jeliou Jelev, l’un des participants au petit déjeuner organisé avec les intellectuels, a été élu premier président de la Bulgarie démocratique. Cet épisode a fait l’objet de commémorations régulières en Bulgarie, la dernière en date étant intervenue en janvier 2014, 25 ans plus tard.

La promesse de Mitterrand et les désirs bulgares d’ouverture à l’Ouest

Dans les années 1980, en raison notamment des inquiétudes des ambassadeurs face à l’érosion des positions commerciales de la France, les visites bilatérales s’intensifient à haut niveau mais François Mitterrand, invité de longue date, déçoit les Bulgares en leur promettant à plusieurs reprises de se déplacer sans pour autant le faire.

En 1977, lorsqu’il n’est encore que Premier secrétaire du Parti socialiste, François Mitterrand effectue une visite à Sofia au cours de laquelle il rencontre son homologue bulgare, premier secrétaire du Parti communiste bulgare (PCB), qui se trouve également être le chef de l’État [2]. François Mitterrand aurait alors promis à Jivkov, s’il était élu Président de la République en mai 1981, de venir à Sofia, cette fois-ci en tant que chef d’État. L’invitation formelle pour une visite d’État en Bulgarie arrive donc peu après l’élection de François Mitterrand. Le principe de la visite est accepté dans une lettre à Jivkov de janvier 1982 mais ni la visite de Claude Cheysson à Sofia en 1982, ni celle de Petar Mladenov, le ministre des Affaires étrangères bulgare, à Paris en 1984 ne permettent de convenir d’une date. Le voyage de Roland Dumas du 23 au 25 février 1986 essaye de faire oublier le non-respect de cette promesse, chaque fois rappelée avec insistance. Trois semaines plus tard, le 16 mars 1986, François Mitterrand est contraint à la cohabitation. [3] En 1986, Jivkov s’impatiente auprès du ministre Michel Noir, en déplacement à Sofia, évoquant l’année 1966 où, représentant d’un « petit pays », il avait eu l’insigne honneur d’être reçu par le Général de Gaulle. En septembre 1986, Jean-Pierre Chevènement qui a rencontré l’ambassadeur de Bulgarie, signale à Hubert Védrine que l’invitation pour une visite officielle est toujours de mise. Il ajoute « qu’une partie de l’électorat français pourrait être sensible à une relance de nos relations avec l’Europe de l’Est et que la Bulgarie est restée, du fait de son isolement, très francophone ». François Mitterrand inscrit en marge « à noter ». En juin 1987 Jivkov insiste encore, quand il reçoit Pierre Mauroy invité du maire de Sofia, ou quand il fait part à un conseiller de Michel Rocard en octobre 1988 de son « mécontentement ». Ces propos sont rapportés à Jean-Louis Bianco, avec la crainte que les relations dans le domaine du commerce extérieur ne s’en ressentent. François Mitterrand, lors de la conférence de la CNUCED à Genève en juillet 1987, demande au ministre du Commerce extérieur de transmettre son souvenir au président Jivkov et de lui dire « que nous nous verrons bientôt » [4].

Si la Bulgarie essaie tant de consolider ses échanges avec la France, cherchant à diversifier ses partenaires, c’est aussi en raison de l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev qui conduit à un raidissement des relations bulgaro-soviétiques. Face aux critiques sur l’absence de glasnost et de perestroïka, Jivkov essaie de convaincre qu’il a déjà effectué les réformes nécessaires mais reste le symbole de « l’ancien régime ». Sofia « boudée par Moscou » [5], se tourne surtout vers le Japon et la RFA [6]. Du 20 au 24 novembre 1988, le président de la RFA Richard von Weizsäcker effectue la « première visite » d’un chef d’État ouest-allemand en Bulgarie. Le président allemand reçoit à la résidence Boïana, destinée aux hôtes de marque étrangers, un groupe d’intellectuels bulgares [7]. Le renforcement de l’intérêt manifeste des Allemands pour la Bulgarie comparé à la relative ignorance dont elle fait l’objet par les Français appelle une réaction.

L’inscription de la visite en Bulgarie dans la politique de relance à l’Est

La visite de François Mitterrand au début de l’année 1989 s’inscrit dans le cadre de la politique de relance à l’Est qu’il commence à concevoir dès 1984 mais surtout à partir du printemps 1985 et de l’arrivée de Gorbatchev au pouvoir. Ralentie par la cohabitation, elle est relancée avec la réélection de François Mitterrand. Le retrait d’Afghanistan engagé au printemps 1988 favorise le rapprochement concrétisé par un voyage à Moscou les 25 et 26 novembre 1988 où Mitterrand rencontre des représentants de la « nouvelle dissidence ». Il insiste également sur la nécessaire construction européenne. A Sofia, en janvier il fait du désir de liberté le moteur du changement politique : « avec l’autre Europe, j’ai le sentiment que les portes du siècle prochain s’ouvriront sur un air de liberté qui passera par les fenêtres » [8].

Roland Dumas à Prague du 15 au 17 septembre tient un discours programmatique : cette nouvelle politique à l’Est met l’accent sur les droits de l’homme tout en étant « caractérisée par le pragmatisme et la prudence » [9]. Pour Jacques Rupnik, l’héritage gaullien est manifeste par le parallèle évident avec la série de voyages à Moscou, en Pologne et en Roumanie entre 1966 et 1968. « Mais alors que le général avait choisi les deux pays [...] les plus attachés à leur différence par rapport aux rigidités du communisme “orthodoxe”, Mitterrand, lui, choisit de se rendre en priorité dans les trois pays les plus réticents aux réformes gorbatchéviennes ». Parler de l’existence d’un choix délibéré de ces pays de la part du président semble exagéré. Mitterrand projetait, lors du Conseil des ministres du 26 octobre 1988, de se rendre dans « chacun des pays d’Europe de l’Est ou presque » tout en reconnaissant que « le problème polonais, le durcissement tchèque, les folies roumaines, le suivisme bulgare, tout cela [compliquait] les choses » [10]. Il se rend en premier dans les pays qui ont été définis comme prioritaires pour accueillir une visite en raison de l’absence de visite antérieure au niveau présidentiel. Le choix de la Bulgarie comme seconde étape de la tournée résulte d’abord d’un calcul diplomatique.

Préparatifs du voyage

Le 8 novembre, le principe de la succession des visites en Tchécoslovaquie et en Bulgarie est définitivement acté. Le voyage à Prague est prévu les 8 et 9 décembre, il importe de pouvoir « annoncer simultanément les deux visites ». Le 10 novembre, l’ambassade de France à Sofia reçoit un court télégramme diplomatique : « En réponse à l’invitation qui lui a été adressée par M. Jivkov, M. le Président de la République propose de se rendre en Bulgarie soit les 18 et 19 janvier soit les 23 et 24 janvier 1989 ». Cette annonce soudaine permet — enfin — de concrétiser la « promesse » vieille de 12 ans. L’ambassadeur rencontre le vice-ministre des Affaires étrangères qui fait preuve d’un « enthousiasme qui n’était manifestement pas de circonstance » et de sa « grande joie » [11].

Le 16 novembre 1988, les dates des 18 et 19 janvier sont arrêtées. Le voyage déjà programmé en décembre de Mladenov à Paris sert de première réunion préparatoire. La visite du ministre Loukanov à Paris du 5 au 7 décembre est aussi mise à profit pour faire avancer les négociations sur les dossiers de coopération économique, scientifique et culturelle. Dans la foulée le directeur général du ministère des Relations économiques extérieures effectue un voyage à Paris du 8 au 14 décembre, accompagné de divers experts [12].

Le 7 décembre, l’ambassadeur adresse un premier projet de programme. La visite s’étalant sur deux jours, un mercredi et un jeudi, le président donne son accord pour déplacer le conseil des ministres. Le déplacement préparatoire du Protocole a lieu du 28 au 30 décembre. Le programme définitif est établi au début du mois de janvier et comprend un nombre important d’éléments du programme de 1977 (même s’il semble que les services de l’Élysée n’en aient pas eu connaissance) [13]. Il comprend un accueil « dans un protocole allégé » par Mladenov puis un déjeuner de travail à la résidence Boïana avec Jivkov suivi d’entretiens, de la séance plénière puis d’une première sortie à Sofia où est remise au Président la médaille de la ville. La visite de la cathédrale Alexandre Nevski est prévue ensuite, après un temps au monument au soldat inconnu. Un peu plus tard, le président donne une réception en l’honneur de la petite colonie française de Sofia. Le retour est prévu à Boïana pour le dîner officiel précédé par les allocutions. Au cours de cet événement qui clôture la première journée, les présidents procèdent à des échanges de décorations. Le deuxième jour doit alors commencer par « un petit déjeuner à la résidence [de l’ambassadeur], au cours duquel [le président] rencontrera selon les suggestions auxquelles travaillent l’ambassade et la cellule diplomatique, des représentants de la société civile ou une sélection du comité bulgare pour la célébration du bicentenaire ». Puis le président se rend à l’Académie des sciences, au lycée n°9 de langue française, à l’université pour la remise de son doctorat honoris causa lors d’une cérémonie de 30 minutes suivie par une rencontre de 30 minutes dans un amphithéâtre. L’après-midi est prévu un déplacement à Plovdiv avec dépôt de gerbe au Mémorial de la lutte du peuple bulgare, une visite de la cathédrale, un entretien avec l’évêque et les maisons de Lamartine et Balabanov, maison typique du XIXe siècle, et enfin une conférence de presse au Palais de la culture au retour à Sofia. Jivkov doit enfin raccompagner « exceptionnellement » le président à l’aéroport [14].

Les ministres participant au voyage sont Roland Dumas, Hubert Curien, ministre de la Recherche et de la technologie, Jean-Marie Rausch pour le commerce extérieur et Olivier Stirn, ministre délégué chargé du tourisme. Le président ajoute à cette liste Paul Quilès, ministre des PTT, alors que d’importants contrats de téléphonie sont en cours de négociation avec la Bulgarie. La délégation officielle comporte 19 personnalités et est accompagnée d’une délégation non-officielle de 27 membres.

Dépasser le risque de grisaille protocolaire

Derrière ce programme plutôt convenu se cache la difficulté du voyage : la situation politique figée fait que la visite « se présente sous un jour tout différent [de celle de] Prague ». Jean Musitelli en dresse en décembre le tableau suivant :
« Elle ne devrait susciter ni vagues ni engouement : pas de tradition historique à revivifier ; rien d’émotionnel dans nos relations ; pas de dissidence organisée sur laquelle étayer une opération droits de l’homme ; pas d’attente politique particulière à notre endroit à la manière hongroise (la Bulgarie ne quitte l’URSS des yeux que pour les tourner vers l’Allemagne). […] Le principal risque du voyage me paraît être la grisaille protocolaire ». [15]

Les comptes rendus du premier jour dans les médias témoignent de cette absence initiale d’engouement. La cérémonie d’accueil, avec l’uniforme des gardes coiffés d’une plume « grise » (le qualpag), génère des commentaires ironiques. Todor Jivkov qui « vit à l’état hiérarchique depuis trente-cinq ans » est dépeint comme un « tsar gris » [16]. Seul l’Humanité s’extasie sur l’accueil officiel et insiste sur le volet économique plus que sur les questions politiques.

L’objectif affiché à l’arrivée à Sofia par les conseillers du président est « de mettre en œuvre un autre type de relations entre les deux Europe », ce qui passe par des échanges économiques revivifiés « mais aussi par des contacts au-delà des milieux politiques officiels ». La rencontre avec les intellectuels constitue la tentative de contrepoids au formalisme pesant du régime jivkovien. Le 17 janvier a lieu la cérémonie de clôture de la troisième conférence-bilan sur la sécurité et la coopération en Europe en présence de Roland Dumas. Les membres de la CSCE — dont la Bulgarie — s’engagent de nouveau à garantir le respect des libertés fondamentales. François Mitterrand le rappelle à plusieurs reprises. Le motif du voyage a émergé et la question du respect des droits de l’homme est martelée avec plus d’insistance qu’à Prague. Lors du dîner officiel, François Mitterrand déclare que l’héritage révolutionnaire de 1789 « forme un bloc indissociable, que nul ne saurait y puiser à sa guise ce qui convient à ses thèses et rejeter ce qui les dérange sans dénaturer profondément l’esprit de la Révolution ». Ce bloc indissociable, englobe « souveraineté nationale, démocratie représentative, séparation des pouvoirs, libertés de la personne ». Ce sont ces phrases qui sont retenues par les journalistes et font les titres [17].

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Table ronde à l’Académie des Sciences
à Sofia le 19 janvier 1989, lors du voyage officiel du Président François Mitterrand en Bulgarie. (DR/IFM)

Le petit-déjeuner : rencontre avec les intellectuels

La situation des intellectuels et de l’opposition au régime est différente de celle que François Mitterrand a pu expérimenter en Tchécoslovaquie : il n’y pas d’équivalent à la Charte 77 et surtout pas de figure connue à l’étranger, à l’image de Vaclav Havel. Le régime a la main sur tout et tente de conserver sa maîtrise de la vie intellectuelle alors qu’un « bouillonnement intellectuel est sensible » [18]. Pendant l’année 1988, l’ambassade reçoit de plus en plus d’appels et de textes de dissidents revendiqués. Certains motivent leur missive par le soutien apporté par la France aux mouvements dissidents en Europe de l’Est. Le mouvement le plus contestataire médiatisé est l’Association indépendante pour la défense des droits de l’homme créée au début de l’année. Lors de la visite du Secrétaire d’État adjoint Whitehead en octobre 1988, la plupart de ses dirigeants avaient été « mis aux arrêts » quand ce dernier avait exprimé le désir de les recevoir. Le président de la RFA les avait ignorés.

Le second groupe qui se dégage à la fin du mois de décembre 1988 est le Club pour le soutien à la Perestroïka et la Glasnost constitué en juillet 1988. Il se réunit le 3 novembre à l’université de Sofia. Ses membres osent s’exprimer dans les colonnes du Monde à la veille de la visite, la poétesse Blaga Dimitrova (qui devient Vice-présidente bulgare en 1992) accorde plusieurs interviews à des caméras de télévision : « Nous voulons susciter le dialogue dans la société sans confrontation ».

Une brève rencontre avec des « intellectuels » à la résidence de l’ambassadeur sur le modèle praguois était envisagée le mercredi soir dans le premier projet du 7 décembre. Le 17 décembre émerge le projet d’une table ronde avec des savants organisée le 19 janvier à l’Académie des sciences qui se substitue dans un premier temps à la rencontre avec les intellectuels. Deux logiques se dessinent alors : soit Mitterrand rencontre des savants plutôt conformistes, soit il cherche à s’entretenir avec des personnes « n’occupant pas de fonctions officielles » : il s’agirait de montrer à l’opposition bulgare que le président n’ignore pas « des personnalités dont certaines au moins peuvent être considérées comme les porte-paroles d’un courant favorable à une plus grande transparence ». L’ambassadeur Bertrand de Lataillade a joué un rôle moteur pour influencer la visite présidentielle dans ce sens [19].

Dans un premier temps, l’ambassade se concentre sur l’organisation de la table ronde avec des membres éminents de diverses disciplines impliqués, de près ou de loin, dans les échanges culturels et scientifiques avec la France.

Le principe d’un petit déjeuner en plus de la table ronde est décidé fin décembre, mais l’hésitation persiste au moins jusqu’au 5 janvier entre consacrer ce premier temps de la matinée à la réception du comité pour le bicentenaire de la Révolution ou à des intellectuels « remarquables », plus ou moins critiques [20]. Ce passage à deux évènements distincts doit aussi beaucoup à la volonté de François Mitterrand. Il insiste fin décembre en questionnant Jean Musitelli, désirant savoir s’il n’y a tout de même pas en Bulgarie quelques intellectuels qui pourraient faire l’objet d’une attention particulière. L’ambassade creuse la piste du Club pour le soutien à la Glasnost et la Perestroïka et un collaborateur de l’ambassade s’entretient avec le philosophe Jeliou Jelev qui se dit prêt à rencontrer le Président [21].

Jean Musitelli propose dans un premier temps une rencontre avec des membres de l’Association indépendante pour la défense des droits de l’homme et d’autres du Club pour le soutien à la Glasnost et la Perstroïka tout en précisant qu’un « risque existe que les personnes qui accepteront votre invitation soient empêchées de s’y rendre ou inquiétées après votre départ. […] Néanmoins, le fait que vous les rencontriez aurait un effet extraordinairement positif pour un mouvement qui en est à ses premiers balbutiements et rééquilibrera utilement les aspects plus formels du programme. ». Jean-Louis Bianco avait émis un avis favorable, le président est plus réservé : « M’en parler » écrit-il. Il prend même le temps de préciser en marge « Eviter de nouvelles persécutions. Je ne pense pas un petit déjeuner opportun. Voir quel signe pourrait être fait. Que Dumas “tâte” les Bulgares. FM » [22]. Quel que soit l’impact symbolique du geste, il importe en premier lieu au président de protéger les intellectuels. Il ne semble pas exagéré de dire que, s’il n’est pas directement à l’origine du projet de petit déjeuner, ce sont ses propres choix qui en orientent l’existence.

L’ambassadeur reçoit donc pour mission de sonder les autorités bulgares sur leur accord pour une potentielle rencontre avec « certains intellectuels » elles n’émettent « aucune objection (ni aucun commentaire) ». François Mitterrand donne le 13 janvier un avis favorable à l’organisation du petit déjeuner en sa présence, alors qu’il avait la possibilité d’y déléguer Roland Dumas. Certains membres de l’Association indépendante pour les droits de l’Homme sont arrêtés ou mis à l’écart à quelques jours de la visite.

L’ambassadeur transmet le souhait de les savoir libérés avant l’arrivée du président. Ils le sont le 16 janvier [23].

Le 11 janvier, le Club pour le soutien à la Glasnost et la Perestroïka fait parvenir à l’ambassade une déclaration signée par les membres du bureau du club sollicitant officiellement une audience, « si le Président dispose du temps nécessaire ». L’ambassadeur suggère alors de sélectionner cinq membres de l’association (Jeliou Jelev, Blaga Dimitrova, Nikolaï Vassilev, Alexeï Cheloudko et Koprina Tchervenkova) mais propose aussi « d’élargir le groupe à quelques intellectuels » indépendants (Svetlin Roussev, Jordan Raditchkov, Ivailo Petrov, Stefan Prodev et Barouk Chamliev) [24]. A cette liste de dix noms sont ajoutés dans les jours suivants Anguel Wagenstein et Radoi Ralin [25]. Quatre d’entre eux faisaient déjà partie des invités du président de la RFA lors de son séjour au début du mois de décembre.

Si l’organisation d’un petit déjeuner avec les intellectuels — dont certains pouvaient être considérés comme des dissidents — n’avait rien d’évident pour les autorités françaises, aux yeux des observateurs, il était l’élément attendu du voyage. Jacques Rupnik évoque cette « ritualisation (le terme est utilisé par R. Dumas) des petits déjeuners qui devinrent le minimum de rigueur (ou l’alibi) pratiqué non seulement par la France, mais la plupart des diplomaties occidentales (la RFA étant sans doute la plus réticente) » [26]. Ce n’est ici pas tout à fait exact puisqu’on a vu que le président allemand avait précédé Mitterrand sur ce point.

La rencontre se déroule dans un climat de méfiance dont témoigne Nikolaï Vassilev : « Un matin gris. Des rues grises et désertes. Le quartier est bloqué par les figures grises des agents de la milice et les spasmes gris de la peur » [27]. Les similitudes entre le voyage à Sofia et celui qui le précède immédiatement sont évidentes, particulièrement aux yeux des journalistes qui ont suivi le président lors des deux voyages. Moment très symbolique de la visite, il est scruté par les caméras qui envahissent la pièce où se déroule la rencontre avant de se retirer.

Les comptes rendus dans la presse laissent entendre que la teneur des échanges est timorée, « nuancée, presque byzantine ». « Dans la salle à manger de l’ambassade, Mitterrand, figé comme une icône, parle peu. [...] “Je suis là pour vous écouter” dit-il, ajoutant avec prudence que “l’occasion ne s’en représentera peut-être pas avant un certain temps” » [28]. Il apparaît dans le verbatim de Jean Musitelli que si le président laisse en effet entendre que l’évènement « ne se renouvellera pas souvent » il ajoute « si nous prenions ce petit déjeuner une fois par an, beaucoup d’autres choses seraient dites. » Il reconnaît néanmoins que « la France n’a pas les moyens d’une façon directe de modifier le cours des choses en Bulgarie » mais « indirectement peut-être, par des interventions ou des rencontres » [29].

Quelques critiques contre le régime fusent dans ce huis-clos : on évoque les réformes mal engagées, la dissidence et les limites à la liberté d’expression. Certains qualifient ce moment privilégié de « grand encouragement » pour des intellectuels conscients de leur rôle : « maintenir la société éveillée ». Les plus conformistes se disent gênés que soient étalés devant un chef d’État étranger des problèmes politiques internes. Les journaux télévisés du 19 janvier au midi consacrent l’essentiel de leurs reportages au petit déjeuner mais, au fur et à mesure que la journée avance, l’événement dont les visages de cire ne retranscrivent pas la teneur des échanges est éclipsé par les images de l’université bouillonnante.

Le retour du président en France ne relâche pas la pression qui pesait sur les dissidents. Les invités au petit déjeuner, bien qu’ils soient plus modérés, n’ont pas été protégés des représailles. La première à subir une sanction est Koprina Tchervenkova qui perd son emploi. Plusieurs membres de l’Association indépendante téléphonent à l’ambassade dans les jours qui suivent pour faire part de leurs griefs. Le petit déjeuner « confirme la notoriété du Club », et agit de façon plus large comme une « reconnaissance internationale de la dissidence et de son autorité dans le pays » [30]. Après la visite les organisations contestataires se multiplient. L’impact du petit déjeuner est rendu plus exceptionnel en raison de l’accession au pouvoir de ses participants alors inconnus. Jeliou Jelev, de « philosophe dissident au chômage » a accédé à la Président de la République, Blaga Dimitrova à la vice-présidence, les journalistes occupent un an plus tard des postes importants, d’autres deviennent députés…

Jelev, vingt ans plus tard, s’interrogeant sur « l’opportunité de conférer à l’événement une importance historique » répond que cela dépend « de l’angle selon lequel on l’examine » :

« La visite du Président Mitterrand, dont le résultat est tout d’abord d’avoir légitimé l’opposition existante auprès de l’opinion bulgare et internationale […] a insufflé du courage à tous ceux qui luttaient ou se disaient prêts à lutter sous différentes formes pour la liberté. […] Ce n’est pas par hasard que la deuxième grande vague du mouvement de dissidence s’est formée après la visite du Président Mitterrand » [31].

Angel Wagenstein n’hésite pas à dire que « François Mitterrand n’était pas seulement le Président de la France ; il était la France même, dans toute sa grandeur, berceau de la liberté et des droits de l’homme. » Cette idée se retrouve aussi dans les propos de Nikolaï Vassilev : « Nous seuls pourtant […] pourrons le mieux apprécier la valeur réelle de ce qui s’est passé alors – or c’était beaucoup plus et bien différent qu’une conversation. […] Dans cette grise et froide journée de janvier nous avons eu une rencontre avec la liberté. » [32]

Rencontre avec les étudiants et vent de liberté

Le petit déjeuner dans l’immédiat ne s’impose pas comme l’événement de la journée, surpassé par la rencontre à l’université qui a lieu ensuite, après la rencontre à l’Académie des sciences où François Mitterrand est positivement impressionné par l’excellent français de ses interlocuteurs qui ne traduit toutefois pas l’érosion de l’apprentissage de la langue dans les jeunes générations. Pour les journalistes, la rencontre à l’université qui suit l’Académie des sciences est lue, une fois encore, à la lumière du précédent de décembre 1988 où « comme à Bratislava, Mitterrand se livre vivant aux questions des étudiants : mais ceux d’ici sont innombrables, tumultueux, insolents à ne pas croire. Si quelque chose bouge en Bulgarie, c’est dans la nouvelle génération » [33]. Le ton change donc soudain et le nuage de grisaille qui avait marqué jusqu’ici le voyage s’évapore.

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François Mitterrand à Sofia
devant les étudiants de l’Université, le 19 janvier 1989, lors du voyage officiel en Bulgarie. (DR/IFM)

Les étudiants, pour la grande majorité francophones, peuvent s’exprimer sans filtre, alors que certains des participants du petit déjeuner devaient recourir aux interprètes. Les questions rédigées, et soumises à un contrôle préalable laissent place à la spontanéité. Une question qui fuse au milieu de l’amphithéâtre surchauffé donne même lieu à un article dans l’édition du Monde parue le 20 janvier au soir : « Fallait-il décorer M. Jivkov ? » [34].

A une autre question, désireuse de savoir s’il n’y a pas d’âge limite pour diriger un pays, Mitterrand rétorque que tout dépend des qualités intellectuelles et physiques de la personne considérée. Pour lui, un bon chef de l’État est comme une vigne qui se bonifie en vieillissant. Il ajoute « moi non plus, je ne suis plus très jeune », évitant ainsi de s’attaquer à Jivkov. En bon équilibriste, il rétorque à une autre question gênante que le plus intéressant est la question, et non pas sa réponse.

La rencontre avec les étudiants, bol d’air dans le climat étouffant de leur quotidienneté semble avoir beaucoup joué pour transformer le regard porté par les journalistes et même par les diplomates en poste sur la Bulgarie, signe « de l’existence d’une jeunesse avide de changement. ». D’un pays figé avec une dissidence très réduite, il devient un endroit où sous cette apparence les esprits s’agitent. « La glace était brisée ». Le président estime, lui, qu’il « suffit de lever le couvercle » [35].

Les journalistes présents sont frappés, tout comme Mitterrand, par cette liberté de ton. Les journaux télévisés de la fin de journée passent presque sous silence le petit déjeuner du matin, évoquent brièvement les autres éléments du programme, pour se concentrer sur ce qui est à leur yeux le plus exceptionnel. Cette visite, qui intervient à quelques heures seulement de la fin du voyage, le transforme en un succès — alors que les retours du petit déjeuner étaient mitigés et que le reste des étapes avait moins de relief. Le soir même, quand il s’agit de décrire ce qu’il retient de son séjour, François Mitterrand s’attarde sur ce qui l’a le plus marqué :

« J’ai pu rencontrer aussi toutes les formes d’opinions dans ce pays. Ceux qui approuvent, ceux qui n’approuvent pas. Et les étudiants ont à Sofia la même vivacité, que l’on trouve à Paris pour apprécier la politique et tout le reste. Voilà une expérience dont je suis heureux. » [36]

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François Mitterrand à Sofia
lors de la conférence de presse conjointe au Palais national de la culture, le 19 janvier 1989, lors de son voyage officiel en Bulgarie. (DR/IFM)

Conclusion

Le projet de voyage bulgare était ancien — bien antérieur à la « relance à l’Est » de 1988 — mais sans cesse repoussé. Il reflétait avant tout une insistance bulgare plus qu’une volonté française d’implanter durablement son influence en Bulgarie. Le tournant pris par la diplomatie française avec la réélection de François Mitterrand favorise grandement son organisation. Accuser François Mitterrand d’avoir pudiquement fermé les yeux sur le manque d’ouverture des pays dans lesquels il s’est rendu et de ne pas avoir anticipé les changements est exagéré. Il était conscient de l’état limité des avancées démocratiques mais surtout il souhaitait aller dans tous les pays d’Europe centrale en y transmettant un message sur la nécessaire démocratisation et sur les droits de l’homme.

La visite est également une réussite diplomatique. Lorsqu’il quitte son poste après quatre ans de présence et l’éviction de Jivkov, Bertrand de Lataillade qualifie la visite comme un « tournant » dans les rapports entre Paris et Sofia en ayant permis de faire oublier « au moins pour un temps, le désenchantement qui du côté bulgare marquait nos rapports bilatéraux ». Lorsque François Mitterrand se rend de nouveau en Bulgarie cinq ans plus tard, un petit déjeuner commémoratif a lieu en compagnie des « douze » dont le président Jelev. Inversion des rôles, le jour précédent, le 18 janvier 1994, Todor Jivkov âgé de 82 ans voyait sa condamnation à sept ans de prison confirmée par la Cour suprême. Il se disait victime d’un procès politique.

Agrégatif d’Histoire Arthur Delaporte est lauréat du 8e Prix de l’Institut François Mitterrand pour son mémoire de master 1 présenté à Paris I (sous la direction du professeur Laurence Badel) : Dans la grisaille. Le voyage de François Mitterrand à Sofia et la diplomatie d’influence française en Bulgarie du milieu des années 1980 à 1991.
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[1La critique émane notamment de Jacques Rupnik et l’article « La France de Mitterrand et les pays de l’Europe du Centre-Est » publié à la suite d’un colloque organisé en 1998 dans l’ouvrage de Samy Cohen (dir.), Mitterrand et la sortie de la guerre froide, Paris, Presses universitaires de France, 1998 : « Contributions involontaires à la “cérémonie des adieux” du communisme finissant ou simples ironies d’une Realpolitik en porte-à-faux dans un contexte “révolutionnaire”, on peut en tout cas difficilement prétendre que l’ouverture à l’Est, telle qu’elle fut pratiquée au début du second septennat de Mitterrand, témoignait d’une anticipation des changements à l’Est (que personne n’avait prévus) », p. 193.

[2L’ouvrage de Judith Bonin, Les voyages de François Mitterrand : Le PS et le monde (1971-1981), Rennes, PUR, 2014, 338 p. revient à plusieurs reprises sur ce voyage de 1977 qui s’inscrit alors dans la stratégie du Parti socialiste de s’ouvrir à l’Est dans la perspective du programme commun : il peut être envisagé comme un signe d’apaisement adressé au PCF (p. 227).

[3AN, 5 AG 4/CD/206, Dossier 10, Lettre de Todor Jivkov à François Mitterrand, 15 décembre 1981 ; Lettre de François Mitterrand à Todor Jivkov, 22 février 1982 ; Lettre de Todor Jivkov à François Mitterrand, 11 avril 1984.

[4AMAE, Europe, 1986-1990, Bulgarie, Carton 6208,12-4- Relations politiques avec la France-Echanges de visites, TD Sofia 405 « Séjour à Sofia de M. Pierre Mauroy », 13 juin 1987 et AN, 5 AG 4/CD/206, Dossier 10, Message de Roger Godino, conseiller social du Premier ministre chargé du suivi des affaires bulgares, pour Jean-Louis Bianco, 7 octobre 1988 ; Note « Entretien avec M. Christo Christov », 17 juillet 1987.

[5Arielle Thredel, « Des projets avec la France », Le Figaro, 20 novembre 1986.

[6Voir notamment Evguenia Kalinova et Iskra Baeva, La Bulgarie contemporaine : entre l’Est et l’Ouest, traduit par Valentina Lebedevska, Paris, coll. « Le Monde en transition », 2001, p. 134-135

[7AMAE, Europe, 1986-1990, Bulgarie, Carton 6204, 11-13-Politique extérieure - Bulgarie / Europe centrale – RFA, TD Sofia 1259, « Visite du président de la RFA », 26 novembre 1988.

[8IFM, Discours de François Mitterrand prononcé à la Maison de la culture, Sofia, 19 janvier 1989.

[9AMAE, Europe, 1986-1990, Carton 6095, URSS et pays de l’Est - Relations politiques avec la France, Note 711/EU « Article sur la politique française à l’égard des pays de l’Est ».

[10Voir à ce sujet l’article de Jacques Rupnik cité « La France de Mitterrand et les pays de l’Europe du Centre-Est » et Frédéric Bozo , Mitterrand, la fin de la guerre froide et l’unification allemande : de Yalta à Maastricht, Paris, O. Jacob, 2005, p. 66 sqq.

[11AN, 5 AG 4/CD/206, Dossier 10, Note de Jean Musitelli pour Jacques Andréani du 8 novembre 1988 et AMAE, Europe, 1986-1990, Bulgarie, Carton 6208, 12-4 - Relations politiques avec la France - Visite de François Mitterrand des 18 et 19 janvier 1989, TD Diplomatie 22510 « Visite du président de la République », 10 novembre 1989 ; TD Sofia 1174 « Visite du président de la République », 12 novembre 1989

[12AMAE, Europe, 1986-1990, Bulgarie, Carton 6208, 12-4 - Relations politiques avec la France - Visite de François Mitterrand des 18 et 19 janvier 1989, TD Sofia 1196 « Visite du président de la République », 17 novembre 1988 et TD Sofia 1281 « Préparation du voyage du président de la République », 30 novembre 1988.

[13C’est ainsi qu’à la lecture de l’ouvrage cité de Judith Bonin Les voyages de François Mitterrand on peut voir que François Mitterrand en 1977 avait déjà résidé à Boïana (p. 109), qu’il s’était déjà rendu dans la maison de Lamartine à Plovdiv (p. 119), qu’il avait déjà écouté le choeur de la cathédrale de Sofia (p. 122)…

[14AN, 5 AG 4/4167, Dossier 4, Note de Jean Musitelli pour le Président de la République, 13 décembre 1988 ; Note du chef du Protocole pour le Président de la République « Votre voyage en Bulgarie », 3 janvier 1989 et CD/206, Dossier 10, Note du Protocole « Programme de la visite d’État en Bulgarie du Président de la République et de Madame Mitterrand », 3 janvier 1989 .

[15AN, 5 AG 4/4167, Dossier 4, Note de Jean Musitelli pour le Président de la République.

[16Paul Guilbert, « La politique de la main tendue », Le Figaro, 19/01/1989.

[17Alain Jacob, « La première visite d’un chef d’État français en Bulgarie », Le Monde, 19 janvier 1989 et « M. Mitterrand déclare à M. Jivkov que l’héritage de 1789 “forme un bloc indissociable” », Le Monde, 20 janvier 1989.

[18AMAE, Europe, 1986-1990, Bulgarie, Carton 6192, 2-9/3 - Politique intérieure bulgare, TD Sofia 386 « Annonce de la tenue en mai d’un plenum du comité central du PCB », 26 avril 1988.

[19AMAE, Europe, 1986-1990, Bulgarie, Carton 6208, 12-4 - Relations politiques avec la France - Visite de François Mitterrand des 18 et 19 janvier 1989, TD Sofia 1369 « Visite du président de la République », 16 décembre 1989 ; TD Diplomatie 25186, 17 décembre 1988 et TD Sofia 1369 « Visite du président de la République », 17 décembre 1989.

[20TD Sofia 51 « Visite du président de la République », 5 janvier 1989.

[21TD Sofia 76 « Visite du président de la République : intellectuels », 6 janvier 1989.

[22AN, 5 AG 4/CD/206, Dossier 10, Note de Jean Musitelli pour le Président de la République « Votre voyage en Bulgarie », 10 janvier 1989. C’est le président qui souligne.

[23AMAE, Europe, 1986-1990, Bulgarie, Carton 6208, 12-4 - Relations politiques avec la France - Visite de François Mitterrand des 18 et 19 janvier 1989, TD Diplomatie 713 « Petit déjeuner du 19 janvier », 12 janvier 1989 et AN, 5 AG 4/CD/206, Dossier 10, Note de Jean Musitelli pour le Président de la République « Votre voyage en Bulgarie », 13 janvier 1989, c’est Jean-Louis Bianco qui souligne ; TD Sofia 162 « Association indépendante pour les droits de l’homme en Bulgarie », 16 janvier 1989.

[24AMAE, Europe, 1986-1990, Bulgarie, Carton 6208, 12-4 - Relations politiques avec la France - Visite de François Mitterrand des 18 et 19 janvier 1989, TD Sofia 118 « Visite du président de la République : intellectuels », 11 janvier 1989.

[25TD Sofia 1397 « Visite du président de la République : intellectuels », 25 décembre 1988.

[26Samy Cohen (dir.), « La France de Mitterrand et les pays de l’Europe du Centre-Est », op. cit., p. 195.

[27Les témoignages peuvent être consultés dans l’ouvrage publié à l’occasion de la commémoration des vingt ans de la visite de François Mitterrand et qui contient de nombreux témoignages d’acteurs directs de l’évènement, Sur les pas de la liberté : 1989-2009, 20ème anniversaire de la visite de François Mitterrand en Bulgarie, Sofia, Ambassade de France, 2008, 56 p. L’extrait cité ici se trouve p. 48.

[28Paul Guilbert, « Mitterrand à l’écoute des dissidents », Le Figaro, 20/01/1989.

[29Archives privées, Copie du verbatim manuscrit de Jean Musitelli du petit déjeuner du 19 janvier 1989. Un compte-rendu du petit déjeuner semble également avoir été produit par l’ambassade (Dépêche n°20/EU, « Rencontre du président Mitterrand avec les intellectuels », 30 janvier 1989) mais n’était pas présent dans les cartons pour lesquels j’ai obtenu des dérogations.

[30Evguenia Kalinova et Iskra Baeva, La Bulgarie contemporaine, op. cit., p. 145.

[31Sur les pas de la liberté, op. cit., p. 11.

[32Ibid., p. 48.

[33Article cité de Paul Guilbert, « Mitterrand à l’écoute des dissidents ».

[34Alain Jacob, « Fallait-il décorer M. Jivkov  ? », Le Monde, 21 janvier 1989.

[35Sur les pas de la liberté, op. cit., p. 43 et l’article cité de Paul Guilbert « Mitterrand à l’écoute des dissidents ».

[36IFM, Conférence de presse de François Mitterrand à l’issue du voyage officiel en Bulgarie, 19 janvier 1989.


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