24 juin 1981

Le vice-président Bush expose au cours d’un entretien l’inquiétude des Etats-Unis concernant l’entrée des communistes au gouvernement.

L’Editorial


Editorial | par Hubert Védrine le 15 octobre 2012

Nos lecteurs trouveront dans les premières pages de ce numéro de La Lettre, un premier article traitant de l’abrogation du délit d’homosexualité en 1982 par la gauche et un deuxième sur la communication politique de Michel Rocard dans les années soixante-dix. Il s’agit des thèmes des deux travaux primés à l’occasion du prix master de notre Institut. Après cinq ans d’existence, ce prix est désormais pleinement reconnu par le monde universitaire.

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Serge Bernstein, Gilles Ménage, Dominique Bertinotti et Jean-Noël Jeanneney remettant le Prix de l’Institut François Mitterrand à Antoine Idier, Lauréat 2012. (DR/IFM - C.Rosé)

Deux autres articles reviennent, quant à eux, sur le Traité de Maastricht. Ce traité très important, ratifié en France par référendum en 1992 – à l’occasion duquel eut lieu le célèbre échange Mitterrand-Séguin – a été souvent évoqué depuis le début de la crise dans la zone euro. Il me semble nécessaire de rappeler plusieurs choses à son sujet.
– Pour François Mitterrand, la réunification allemande, qu’il voyait venir depuis longtemps (cf. son entretien avec H. Schmidt en 1981), devait être l’occasion de passer de la zone mark – dans laquelle nous étions de facto – à une monnaie européenne unique, gérée en commun. Il atteint son objectif grâce à une sorte de « judo » avec Kohl en 1989/1990 et en raison des convictions européennes de ce dernier.
– En contrepartie, l’Allemagne imposa (avec le soutien de Bercy), l’indépendance de la Banque centrale, son mandat quasi exclusif de lutte contre l’inflation et les critères de Maastricht.
– Ce dispositif était incomplet. Non par négligence, méconnaissance, ou précipitation, mais parce que l’Allemagne refusa, par « défiance envers les interventions de l’État », le « gouvernement économique » préconisé alors par Pierre Bérégovoy, avec le soutien de Jacques Delors à la Commission. Il aurait pourtant été le complément logique de la monnaie unique.
– Au moment du lancement effectif de l’euro en 1999, l’optimisme prévalait en France et en Europe. La croissance était là. Il a fallu la violence de la crise depuis 2008 (en fait une mutation) pour que l’on invente, aux forceps, ce gouvernement économique de la zone euro dont l’orientation reste à définir.
– La ratification du Traité du 2 mars dernier et le mécanisme de stabilité, associés au pacte de croissance obtenu par François Hollande, prolongent Maastricht et l’améliorent. Il est en effet nécessaire d’assainir les finances publiques d’une zone euro trop endettée. Mais il est maintenant urgent de compléter ce dispositif par une vigoureuse politique d’encouragement à une croissance saine, à une écologisation volontariste (énergies renouvelables entre autres) et à un renforcement de la recherche scientifique et technologique en Europe. Même l’Allemagne commence à admettre cette nécessité de la croissance.
– Aussi, il ne serait pas raisonnable, même si les Allemands lancent sur ce sujet des ballons d’essai à usage électoral interne, de se précipiter dans la négociation d’un nouveau Traité d’union politique. Cela conduirait à des controverses sans fin et à des ratifications à haut risque ! Mettons plutôt en œuvre ce qui a été signé et ratifié, et définissons une politique économique de redressement.

Enfin, je recommande à nos lecteurs le très remarquable portrait croisé de Pierre Mendès France et François Mitterrand, écrit par Jacques Julliard dans son ouvrage magistral Les gauches françaises (Flammarion).


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