28 septembre 1984

François Mitterrand reçoit Coluche à l'Elysée.

Intervention de François Mitterrand à la mi-temps de la finale de la Coupe de France de football, Parc des Princes, le 13 juin 1981


Archives | le 6 octobre 2002

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Le sport, les activités physiques et sportives ne sont pas seulement un spectacle, loin de là, même si ce spectacle est souvent passionnant. Le sport, c’est à mes yeux un projet éducatif. Je souhaite que l’éducation physique et sportive devienne une dimension essentielle de notre éducation ; o­n ne peut pas prendre de risques avec l’équilibre physiologique de nos enfants, nos adolescents, en leur ménageant si peu d’heures d’activité physique chaque semaine quand o­n les laisse souvent plus de 30 heures assis dans leurs classes.

Le sport, c’est aussi un projet culturel. Nous avons à lutter contre les hiérarchies et les tabous. Notre culture est un tout, et je m’émerveille personnellement des capacités d’expression et de création de tant de sportives et de sportifs qui savent nous séduire par la beauté de leurs gestes ; il y a là pour les hommes et les femmes de notre pays un vaste domaine d’épanouissement et d’émancipation à explorer. Je souhaite qu’il s’ouvre au plus grand nombre sans discrimination sociale.

Le sport, c’est enfin un projet associatif : plus de 9 millions de Françaises et de Français licenciés dans près de 120 000 clubs et associations sportives. Voilà le tissu qu’il nous faut, non seulement préserver, mais aussi renforcer ; et, de ce point de vue, que les choses soient bien claires : je n’entends pas que tout ce qui fait que le sport est synonyme de joie, de jeux et de liberté soit étouffé par quelque organisation étatique que ce soit. J’entends bien, au contraire, élargir les espaces de liberté du mouvement sportif.

Mais cela ne peut se faire que dans le respect mutuel de l’indépendance du mouvement sportif et de la mission des pouvoirs publics. S’il doit y avoir une politique sportive, ambitieuse, généreuse, il ne saurait exister un sport politique. Chacun à sa place, nous ferons du bon travail pour le sport de notre pays.

Je vous dis cela d’autant plus aisément à vous, Monsieur le Président, que je connais, pour l’avoir pratiqué, votre sens du dialogue et votre volonté d’agir pour le développement démocratique des activités physiques et sportives dans notre pays.

Un grand projet pour le sport dans notre pays, telle est notre ambition. Nous la réaliserons avec l’ensemble des fédérations sportives qui, comme la vôtre, œuvrent sans relâche depuis des années et en qui nous trouverons, j’en suis persuadé, des interlocuteurs désireux de tout faire, avec nous, pour que la France soit, enfin, une grande nation sportive.

François Mitterrand s’adresse au regretté Fernand Sastre, qui était à l’époque président de la Fédération française de football.


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