6 juin 1994

François Mitterrand, Bill Clinton et la Reine Elisabeth II sur la plage d'Omaha-Beach (50) lors de la commémoration du 50e anniversaire du débarquement en Normandie.


Qu’est-ce que le “mitterrandisme” ?


par Jean-François Mary,Claude Estier,Jean-Claude Colliard,Maurice Benassayag,Jean-Marcel Bichat

Le mitterrandisme


par Rémi Darfeuil

30 ans avec Mitterrand


par Philippe Foussier

« La prise de l’Elysée »


par Aurélie Lebelle

Gorbatchev et la « Maison Commune Européenne »


Une opportunité manquée ?

par Marie-Pierre Rey le 12 mars 2007

Parvenu au poste de secrétaire général du PCUS en mars 1985 et confronté alors à des difficultés économiques majeures, Gorbatchev choisit d’y répondre non plus en recourant à des faux semblants et à des schémas propagandistes convenus comme le faisaient ses prédécesseurs, mais en optant pour une approche critique et courageuse qui le conduit à innover sur le plan intérieur comme extérieur : à la Perestroïka, répond ainsi la Nouvelle Pensée.

Adoptée en février 1986 lors du XXVIIème Congrès du PCUS, la « Nouvelle Pensée » définit une nouvelle approche des relations internationales qui met en avant l’interdépendance des problèmes auxquels est confrontée la planète [1], la nécessité d’opter pour une « vision désidéologisée » [2] des relations internationales et la volonté d’en finir avec le principe de la lutte des classes. De ces principes généraux émergent des idées concrètes, à savoir que la coexistence pacifique doit aboutir à une véritable coopération entre les Etats, que la sécurité doit être mutuelle et que les deux grands doivent privilégier dans leur réflexion stratégique le concept de « suffisance raisonnable » pour favoriser, à terme, un désarmement conventionnel et nucléaire.

Dans ce contexte et compte tenu des enjeux majeurs qu’elles englobent, les relations américano-soviétiques ont occupé tout au long des années 1985-91 une place centrale dans la réflexion et l’action gorbatchéviennes. Mais les questions européennes n’en ont pas été pour autant délaissées et elles ont elles-mêmes débouché sur une intense activité diplomatique et sur l’émergence de nouveaux concepts, dont au premier plan, celui de « Maison Commune européenne ».

Quelle signification ce concept a-t-il revêtue pour Gorbatchev et ses conseillers ? Participait-il d’une posture circonstancielle, voire opportuniste ou relevait-il d’une approche plus essentielle ? C’est à ces questions que l’on s’efforcera de répondre en distinguant trois phases successives.

1985-1987, une idée encore floue

Alors que dès 1985, le pouvoir s’engage dans un dialogue difficile mais réel [3] avec les Etats-Unis, la nouvelle équipe au pouvoir n’accorde qu’une importance très relative aux Européens et aux questions européennes.

Certes, dès 1984 [4], Gorbachev a bien déclaré à Londres « l’Europe est notre maison commune » et il a repris la formule dans une allocution prononcée à la télévision française à l’automne 1985 ; mais cette expression participe alors davantage d’une tentative de séduction des opinions et des élites ouest-européennes que d’un vrai projet [5] et durant les années 1985-87, l’approche gorbatchévienne des questions européennes demeure essentiellement tacticienne

L’image de la maison commune européenne appelant l’idée d’une communauté naturelle de destin entre l’URSS et l’Europe occidentale, il s’agit tout d’abord de tenter d’affaiblir la solidarité américano-européenne et de favoriser si possible un découplage entre les Etats-Unis et l’Europe : de ce point de vue, en 1985, la diplomatie soviétique reste encore largement marquée par l’héritage des années 70 [6]. Mais de manière plus neuve, il s’agit aussi en flattant les Européens de l’Ouest et en les incitant au dialogue, d’une part de chercher à atteindre les Etats-Unis pour pousser ces derniers à des concessions sur les questions stratégiques et d’autre part de se trouver des alliés potentiels car la question sensible de l’IDS suscite les réticences voire l’hostilité des Européens de l’Ouest.

En novembre 1985, dans une conversation avec Anatoli Tcherniaev, Mikhail Gorbatchev précise ainsi : « Il faut avancer dans nos négociations avec les Etats-Unis. L’important pour nous, c’est de réduire leur opposition. Et ne pas permettre qu’ils nous imposent leur évaluation de la situation. Il faut établir maintenant des contacts avec les grandes figures européennes. Je dois aller en Europe rencontrer Thatcher, Mitterrand. Il faut que Chevardnadze y aille plus souvent. Il faut par tous les moyens s’opposer à l’IDS. » [7]

Toutefois, cette approche purement instrumentale ne prédispose pas à la compréhension mutuelle et de fait, les leaders ouest-européens restent alors réservés à l’égard de Gorbatchev.

Certes, dès octobre 1985, dans un lettre au président Reagan écrite après le séjour de Gorbatchev en France, François Mitterrand se veut optimiste sur l’avenir des relations Est-Ouest [8] et en juillet 1986, le président français de retour d’URSS vante dans une lettre à Margaret Thatcher les mérites personnels du leader soviétique, mais il souligne aussi, et la réserve est importante, que Gorbatchev est le produit d’un système qui ne lui laisse finalement qu’une faible marge de manœuvre. [9]

Or, ce point de vue est largement partagé par les autres décideurs ouest-européens : dans sa réponse à Mitterrand en date du 21 août 1986, Margaret Thatcher dit voir en Gorbatchev un homme qui n’est pas moins engagé dans le système et moins nationaliste que ses prédécesseurs [10] ; quant à Helmut Kohl, après avoir exprimé un jugement pour le moins hasardeux en comparant Gorbatchev à Goebbels [11], il opte pour une position plus nuancée en déclarant à Mitterrand en mars 1987 qu’il éprouve à l’égard du leader soviétique « une sympathie sceptique », mais il souligne aussi que Gorbatchev ne vise qu’à rendre le système communiste plus efficace et par là même plus attractif [12]. Seul, à l’été 1986, H-D Genscher pressent que l’idée de MCE pourrait favoriser la réunification allemande [13] mais il est isolé. L’attentisme reste de rigueur.

Le tournant de 1988, la naissance d’un concept

A partir de 1988 en revanche, la maison commune européenne gagne sensiblement en contenu. Au fil des déclarations gorbatchéviennes d’avril 1987 à Prague, de mars 1988 à Belgrade puis de juillet 1989 à Strasbourg, son architecture se dessine sous la forme d’un immeuble de quatre étages où des voisins cohabiteraient en toute harmonie [14].

A cette maison commune, les mesures géopolitiques et territoriales adoptées lors de la conférence d’Helsinki en 1975 serviraient de fondations ; le premier étage de la maison serait consacré aux mesures de sécurité collective et de désarment nucléaire, chimique et conventionnel, le second étage, à la résolution pacifique des conflits et les deux derniers, à une coopération économique et commerciale pan-européenne qui s’efforcerait à terme de promouvoir une véritable communauté culturelle entre les nations d’Europe et de dépasser ainsi les ruptures nées de la guerre froide. Mais si cet objectif de long terme constitue de fait la raison d’être ambitieuse du projet, Gorbatchev poursuit aussi des objectifs de plus court terme.

Du projet de maison commune, le leader soviétique espère tout d’abord qu’il favorisera l’émergence de relations nouvelles et apaisées avec les démocraties populaires, fondées désormais sur la confiance et non plus la force ou la menace de la force [15]. Dans cette maison commune pan-européenne, les démocraties populaires rénovées pourraient donc aux côtés de l’URSS, incarner un socialisme « à visage humain », c’est à dire un socialisme tolérant, respectueux des principes de renonciation à la force et de la liberté de choix, deux principes que Gorbatchev met précisément en exergue lors de l’important discours qu’il prononce à l’ONU, le 7 décembre 1988 [16].

Mais il en attend aussi des relations nouvelles avec l’Europe occidentale.

Pour Gorbatchev en effet, le concept de « maison commune » ne peut fonctionner que par le rapprochement graduel entre les pays membres du Comecon et ceux de l’Europe communautaire, d’où son soutien à la « déclaration commune » qui en juin 1988, établit des relations officielles entre la CEE et le Comecon. Mais à ses yeux, cette déclaration commune doit servir de prélude à des relations de plus en plus étoffées, tant entre la CEE et le Comecon qu’entre l’URSS et la CEE. Et en mars 1988, dans un entretien avec le leader communiste italien Alessandro Natta [17], il appelle précisément à ce rapprochement en mettant en avant l’appartenance européenne de la Russie.

Au printemps 1988, la maison commune européenne ne vise donc plus la déstabilisation des relations américanoouest-européennes mais bien l’établissement d’un véritable partenariat avec l’Europe occidentale qui se ferait sur un compromis respectueux des différences existant entre les Etats. Et c’est dans le cadre de ce partenariat et du rapprochement qu’il suscitera, que la réunification allemande, que Gorbatchev perçoit comme légitime [18], pourra s’envisager.

Or, ces positions, déjà très innovatrices, évoluent encore à la fin de l’année 1988.

A partir de cette période, -et son discours à l’ONU s’inscrit dans cette perspective-, Gorbatchev est favorable à un rapprochement des deux Europe qui se ferait non plus dans le respect des valeurs des uns et des autres, mais dans une adhésion commune au respect des libertés, des droits de l’homme et du pluralisme politique, autrement dit dans une adhésion à des valeurs depuis longtemps prônées par l’Europe occidentale, et dans un mouvement fondamental de “retour vers l’Europe” [19].

En 1988, V. Lukine, diplomate du MID, expliquait de manière très claire : « Par Europe, nous devrions entendre non pas seulement un phénomène politique mais aussi un art précis de vivre, de penser, de communiquer avec les autres peuples… La « maison commune européenne » est la maison d’une civilisation à la périphérie de laquelle nous sommes longtemps restés. Le processus qui se développe aujourd’hui dans notre pays et dans un certain nombre de pays de l’Est, revêt partout la même dimension historique, à savoir la dimension d’un retour vers l’Europe. » [20]

Dans le même temps, et ce n’est pas un hasard, Gorbatchev évolue aussi dans sa relation au communisme. Officiellement, la foi dans le socialisme est toujours de mise, et la référence à Lénine, toujours présente. Ainsi, le 7 novembre 1989, dans le discours qu’il prononce lors du 72ème anniversaire de la révolution d’Octobre, Gorbatchev continue de faire de l’expérience léniniste un point de référence indépassable. [21] Mais au-delà de cette profession de foi, c’est bien un abandon des thématiques et de la logique révolutionnaires du fondateur de l’URSS qui se joue alors [22].

Au rétablissement plus ou moins déguisé de la propriété privée dès août 1988 [23], font suite en février 1990 l’abandon du rôle dirigeant du Parti communiste puis l’adoption lors du XXVIIIème Congrès du PCUS d’une plate-forme appelant à la mise en place d’un « socialisme démocratique » et reconnaissant le multipartisme ; enfin, en juillet 1991, lors du Plenum du PCUS, est adopté un programme qui, en supprimant la référence à la lutte des classes et au monopole de la classe ouvrière, en reconnaissant explicitement la nécessité d’installer le pays dans une certaine forme d’économie de marché et en se réclamant de valeurs humanistes, s’apparente de facto à un programme de nature sociale-démocrate. [24]

Or, dans ce contexte, la « maison commune européenne » prend une nouvelle tonalité idéologique.

Comme Gorbatchev ne manque pas de l’expliquer à Laurent Fabius, en visite à Moscou en novembre 1989, « les changements qui interviennent en Europe de l’Est constituent un instrument qui devrait nous permettre d’avancer ensemble sur le chemin de la démocratisation » [25]. Par la suite, en septembre 1991, dans son entretien avec Pierre Mauroy, alors vice-président de l’Internationale Socialiste, Gorbatchev souligne son attachement « à la démocratie, à la transparence, aux droits et aux libertés de l’homme et à l’idée socialiste » [26] dans laquelle il veut voir l’avenir de la maison commune européenne. A ses yeux, l’évolution de l’URSS vers un socialisme humaniste social-démocrate, et le cheminement vers une Europe dont elle aspire à partager la civilisation et le destin sont indissociablement liés. Et c’est là, en quelques années à peine, un bouleversement substantiel qui se dessine dans l’univers mental soviétique.

Pourtant, en dépit de son caractère ambitieux, le projet de maison commune n’aboutira.

L’échec du projet

A partir de 1988, le projet de MCE suscite l’intérêt de plusieurs leaders occidentaux. Ce sera tout particulièrement le cas de François Mitterrand, qui cherche à lui donner un contenu concret en prônant la signature d’accords non seulement de désarmement et de sécurité mais aussi de coopération économique, scientifique et technologique. Le 25 novembre 1988, à Moscou, Mitterrand propose d’associer l’URSS au programme Eureka [27] ; et quelques mois plus tard, lors de la visite de Gorbatchev en France en juillet 1989, de nouveaux accords bilatéraux en matière de coopération financière, économique et scientifique sont signés par les Etats français et soviétique, en particulier dans les secteurs des industries de l’espace, de la télévision et des télécommunications. Enfin, en octobre 1989, c’est à l’initiative du président français que la BERD est créée à Londres.

Ces différentes initiatives françaises répondent à un objectif bien clair : pour François Mitterrand, soutenir le projet de maison commune européenne par des actions concrètes, c’est participer à la construction d’une unité pan-européenne qu’il juge naturelle et légitime, sans pour autant compromettre les priorités majeures que constituent à ses yeux, l’intégration ouest-européenne et le renforcement du partenariat franco-allemand. Et quelques mois plus tard, il va encore plus loin en lançant, face aux bouleversements géopolitiques, politiques et sociétaux qui secouent alors l’Europe de l’Est, le projet d’une confédération européenne, dont il présente les grandes lignes le 31 décembre 1989 à la télévision française. Bâtie sur les accords d’Helsinki, la confédération devra réunir « tous les Etats appartenant à notre continent dans une organisation commune et permanente d’échanges, de paix et de sécurité » et accueillir les anciens pays communistes lorsque ces derniers se seront dotés d’un système politique représentatif. [28] Elle constitue ainsi un horizon favorable pour les pays qui tout en ayant accédé à la démocratie politique, ne sont pas encore, en raison du poids de leurs anciennes structures économiques, à même d’entrer à court terme dans la CEE. La démarche mitterrandienne est donc claire : le projet de confédération, qui fait écho à la maison commune gorbatchévienne, n’a pas vocation à se substituer à la CEE qui demeure la priorité présidentielle, mais il doit à terme, favoriser la constitution de l’union pan-européenne. Et dans cette union, une URSS rénovée, acquise aux idées de démocratie et d’Etat de droit, devra naturellement trouver sa place. Pourtant, de cette réflexion novatrice, il ne sortira rien de concret.

Certes, sur le plan stratégique et politique, des succès sont au rendez-vous. Ainsi de la signature en novembre 1990 du traité CFC sur la réduction des armes conventionnelles en Europe et de la signature de la Charte pour une nouvelle Europe qui marque solennellement le ralliement de l’URSS aux valeurs occidentales de pluralisme démocratique et de respect des libertés et des droits de l’homme. Mais rien de plus tangible n’émanera des deux projets.

En prônant la MCE, Mikhaïl Gorbatchev espérait tout d’abord, on l’a dit, renouveler les fondements des relations entre l’URSS et ses alliés est-européens [29]. Mais leur indépendance recouvrée, les démocraties populaires se sont empressées de rompre, tant avec le socialisme, -en prônant la transition vers un régime capitaliste, qu’avec l’URSS, -en se prononçant pour un rapprochement avec l’OTAN- et ce fut là un premier échec pour Gorbatchev. De même, alors que pour Gorbatchev, la MCE devait servir de cadre à une réunification allemande susceptible de s’accomplir dans le cadre d’un rapprochement gradué entre les deux parties de l’Europe, dès la fin de l’année 1989, du fait des pressions de l’opinion allemande et de la décomposition croissante du régime politique est-allemand, Gorbatchev est confronté à un processus qui s’accélère et lui échappe : alors qu’il espérait encore obtenir la neutralisation de l’Allemagne réunifiée, il est contraint de céder et le 17 juillet 1990, l’accord qu’il conclut avec le chancelier Kohl entérine l’unification de l’Allemagne sans que le projet de MCE ait avancé.

Enfin, les ouvertures gorbatchéviennes en direction de l’Europe occidentale n’aboutiront pas davantage car le projet mitterrandien de confédération échoue à son tour : en butte à l’hostilité des démocraties populaires et aux critiques acerbes d’une diplomatie américaine peu encline à accepter la naissance d’une structure pan-européenne dans laquelle elle ne serait pas partie prenante, le projet avorte dès la fin de juin 1991 et au lendemain de l’échec de la conférence de Prague, le rêve d’une maison commune européenne socialiste est déjà compromis. L’implosion brutale de l’URSS et l’émergence, sur les décombres soviétiques, d’une Russie eltsinienne virulemment hostile à toute forme de socialisme, finiront de jeter à bas les espérances des années 1988-1991.

[1Cf. le discours de M. Gorbatchev présenté le 26 février 1986 rapporté dans N.N. PETRO et A.Z. RUBINSTEIN, in Russian Foreign Policy, From Empire to Nation-State, New York, Longman, 1997, p. 149.

[2Cette expression sera également utilisée par Edouard Chevardnaze dans l’article qu’il publie dans La Pravda, le 28 septembre 1988.

[3Anatoli Tchernaiev. My six years with Gorbatchev, Philadelphia, Pennsylvania State University Presse, 2000, p. 53.

[4Il n’est pas encore secrétaire général du PCUS

[5Pour une analyse détaillée du concept de « maison commune européenne » et de son évolution, voir M.PM Rey, « Europe is our Common Home », a study of Gorbatchev’s Diplomatc Concept », in The Cold War History Journal, volume 4, N°2, Ja,nvier 2004, p.33—65.

[6Cf. M.P. Rey, Le dilemme russe, la Russie et l’Europe occidentale d’Ivan le Terrible à Boris Eltsine, Paris, Flammarion, 2002, passim.

[7M. Gorbarchev/Anatoli Tchernaiev, 11 novembre 1985, Archives de la Fondation Gorbatchev, (GFA), journal de Tchernaiev.

[8F. Mitterrand à Ronald Reagan, 12 octobre 1985, archives privées.

[9F. Mitterrand à Margaret Thatcher, lettre citée in Hubert Védrine, Les mondes de François Mitterrand, Al’Elysée, 1981-1985, Paris Fayard, 1996, p.383.

[10Margaret Thatcher à François Mitterrand, 21 août, archives privées.

[11La déclaration fut publiée dans Newsweek, 27 octobre 1986.

[12Helmut Kohl à François Mitterrand, Chambord, 28 mars 1987, archives privées.

[13Cf Hannes Adomeit, Imperial Overstretch : Germany in Soviet Policy from Stalin to Gorbattchev, Baden-Baden, Nomos ? 1998, p.246.

[14Le discours de Belgrade fait l’objet d’un long télégramme en provenance de l’ambassade de France à Madrid, 17 janvier 1989. Archives du Quai d’Orsay, (AMFAE) série Europe 1986-1990, USSR, carton n°6648.

[15Voir article de Jacques Levesque, « Soviet Approaches to Eastern Europe at the Beginning of 1989 » in CWIHP Bulletin, n° 12/13, Automne/Hiver 2001, p.49.

[16Il déclare : “Il est bien évident, par exemple, que l’usage de la force et la menace de cet usage ne peuvent plus constituer des instruments de politique extérieure. (...) la liberté de choix est un principe universel qui ne doit souffrir aucune exceptions.” Cité in CWIHP Bulletin, n° 12/13, Automne/Hiver 2001, p.29.

[17Entretien M. Gorbatchev/Allessandro Natta, 29 mars 1988, document n°7129, in GFA, fonds Zagladin (fonds 13).

[18Cf David Shmaker, Gorbatchev and the German question : Soviet-West German Relations, 1985-1990, Westport, Praeger Publishers, 1995.

[19L’expression figure dans l’interview donnée par Anatoli Tchernaiev, 24 mai 2001. Collection d’archives orales sur la Perestroïka, GFA et Hoover Institution.

[20V. Lukine in Moskovskie Novosti, 1988, n°38.

[21Cf par exemple la déclaration de M. Gorbatchev : « Le socialisme rénové est la matérialisation du concept de Lénine au centre duquel se trouve l’homme. » Citée in L’Humanité, 7 novembre 1989.

[22Cf M. Gorbatchev, Mémoires, op.cit., p.713 : « La deuxième période commença au printemps 1988 (...) La situation s’avérait impossible à améliorer par des mesures cosmétiques, ni même par des travaux sérieux et nous comprîmes que l’innovation en matière économique ne pourrait donner de résultats sans un changement majeur du système politique. Nous organisâmes des élections libres dans de brefs délais, créâmes le Parlement, introduisîmes le multipartisme, ouvrîmes la voie à la formation d’une opposition, bref, nous rendîmes la liberté à la société. »

[23En août 1998, la mise en place de baux à long terme de terres destinées à être exploitées de manière individuelle tourne le dos à la gestion collective et socialiste des campagnes, telle qu’elle avait prévalu depuis la collectivisation de 1928-29.

[24Le texte du rapport présenté en juillet 1991 figure in M. Gorbatchev, Mémoires, op. cit. p. 757-759.

[25Entretien M. Gorbatchev/L. Fabius, 17 nov. 1989, in GFA, fonds n°1, opis n°1.

[26Gorbatchev à P. Mauroy, le 17 sept. 1991, in GFA, fonds n°1, opis n°1.

[27Entretien F. Mitterrand/M. Gorbatchev, 25 nov. 1988, télégramme de Moscou, n°5619, in AMFAE, série Europe 1986-1990, sous-série URSS.

[28Allocution télévisée du 31 déc. 1989, in La Documentation Française, Paris.

[29Cf sur ce point le témoignage d’Anatoli TCHERNIAEV dans l’interview qu’il a donnée dans le cadre de la collection d’archives orales sur la Perestroïka ; cf aussi Jacques LEVESQUE, 1989 – La fin d’un empire, Paris, Presses de Sciences po, 1995.


IFM — 33 rue du Faubourg Saint-Antoine 75011 Paris — Tél. +33 1 44 54 53 93 — Fax. +33 1 44 54 53 99 — ifm@mitterrand.org — © 2005-2016 — Mentions légales