
On ne peut pas faire, rétrospectivement, de François Mitterrand, un pur adepte de la « sécurité collective », de la prévention des conflits par la négociation, de la préservation de la paix par le seul respect du droit international, de l’arbitrage, ou du recours à l’« ONU », même si ces perspectives lui étaient philosophiquement ou moralement chères. Elu en plein bras de fer sur les « euromissiles » - comment obtenir le retrait, ou comment compenser, la menace que représentait le déploiement par une URSS, (...)
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La chute du mur et l’effondrement du bloc soviétique
J’aimerais, pour cette table ronde sur la chute du Mur et sur l’effondrement du bloc Soviétique, commencer par une interrogation : pourquoi le système soviétique a-t-il duré si longtemps ?
Il me semble en effet que cette longue présence dans l’histoire du communisme d’État éclaire les conditions et les conséquences de sa chute.
Dans les dernières décennies, la pensée anti-totalitaire a beaucoup insisté sur la parenté - bien réelle - entre les deux totalitarismes, nazi et communiste. Mais elle a, du (...)
La primauté du droit international
Lorsque François Mitterrand entre à l’Élysée pour son premier mandat, la scène internationale est figée depuis l’après-guerre mondiale dans le face à face de la guerre froide. Le paysage est clair : un monde bipolaire et un tiers-monde. Et cette situation semble devoir durer indéfiniment.
La course aux armements qui semblait avoir ralentie durant quelques courtes années a repris depuis 1975. L’URSS semble gagner en influence et marquer des points sur presque tous les continents. Des régimes (...)
La guerre des Malouines
Les îles Malouines sont un archipel désolé de l’Atlantique Sud, composé de 200 îlots, aujourd’hui peuplé d’à peine 2000 habitants, essentiellement des éleveurs de moutons. Elles ont appartenu à l’Espagne puis à l’Argentine avant de devenir colonie britannique sous le nom d’îles Falkland en 1833.
Au début des années 1980, les généraux à la tête de l’Argentine décident de restaurer leur popularité en mettant à exécution la vieille revendication nationale sur cet archipel. Ils sont convaincus que les Britanniques, (...)
La seconde guerre du Golfe
Ce discours s’inscrit à ce moment charnière qui vient de voir la disparition de l’URSS. François Mitterrand y évoque dans un premier temps les responsabilités nouvelles qui incombent aux grandes puissances et à la communauté internationale toute entière. La situation qui s’est installée six semaines plus tôt au Moyen-Orient avec l’invasion du Koweit par l’Irak lui donne l’occasion d’illustrer, d’affirmer les principes qui régissent plus que jamais la politique extérieure de la France.
« Le face à face des (...)
Justice sociale et développement économique international
Pour François Mitterrand, la paix qu’il faut sans cesse rechercher, ne s’installera pas durablement par le simple jeu d’un équilibre raisonné entre les deux blocs. Et surtout, à ce prix, tous n’en profiteront pas. Des conflits meurtriers ne cessent d’embrasser les régions les plus pauvres. Certains ont pris l’habitude d’appeler ces joutes par populations interposées, des « abcès de fixation ». Il récuse le cynisme de cette stratégie qui maintient des privilèges exorbitants et favorisent, à terme, une (...)
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Le message universel de la Révolution de 1789
Il est une idée qui revient souvent dans les discours de François Mitterrand, c’est celle que la France était en mesure de porter au monde le langage de l’universalité et que cette légitimité lui était acquise par l’expérience politique et sociale unique qu’a été la Révolution de 1789. Cette idée traverse par exemple, tout le discours (dit de Cancun) qu’il prononce lors de son voyage officiel au Mexique les 19, 20 et 21 octobre 1981.
« Aux fils de la Révolution mexicaine, j’apporte le salut fraternel des (...)
François Mitterrand, vu par Lionel Jospin et François Hollande
Deux anciens Premiers secrétaires du Parti socialiste, Lionel Jospin et François Hollande, ont publié ces derniers mois des ouvrages, en grande partie autobiographiques, qui résultent d’entretiens avec le même journaliste, Pierre Favier, ancien de l’AFP.
Au fil des pages, chacun d’eux évoque ce qu’a été pour lui sa relation avec François Mitterrand et les leçons qu’il en a tiré.
Pour Jospin, la première rencontre remonte aux mois qui ont suivi le congrès d’Epinay de juin 1971. Nouvel adhérent au Parti (...)