12 septembre 1991

Aux assises nationales des petites villes de France, François Mitterrand en appelle à la solidarité financière entre collectivités rurales.

Luttes nationalistes et politique coloniale


Point de vue | par Ibrahima Thioub le 9 juin 2005

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Dès avant la fin du second conflit mondial, la France a entrepris une série de réformes dans ses colonies d’Afrique au sud du Sahara, inaugurée par la conférence de Brazzaville, en vue de faire face à la nouvelle donne politique sur l’échiquier mondial et dans son propre empire colonial.

Ces précautions n’ont pas permis de contenir la dynamique du mouvement nationaliste. Certes les situations ont été fort diverses, d’un territoire à l’autre, mais les organisations et les hommes qui ont conduit le combat d’émancipation ont eu à confronter la brutale réponse de l’administration et la résistance des milieux partisans du maintien du statu quo colonial.

Cette situation d’affrontement entre mouvement nationaliste en plein essor et ordre colonial en difficulté prévaut dans l’ensemble de l’empire français. L’importance et la complexité des problèmes qu’elle pose divorcent radicalement avec la fragilité des coalitions gouvernementales métropolitaines, soumises aux intrigues et combinaisons, propres au « système des partis » de la IVe République. Si plus d’une fois les gouvernements ont perdu la confiance du Parlement sur des questions coloniales, le caractère éphémère des ministères et le rapide passage des titulaires du portefeuille de la France d’outre-mer n’ont guère facilité la mise en place d’une politique inscrite sur le moyen terme apte à faire face aux problèmes de l’empire, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il n’est alors pas étonnant que cette période soit témoin de la crise et de l’effondrement de l’empire français. Le raccourcissement de l’espérance de vie des constitutions et des institutions mises en place pour répondre aux mutations qui affectent le domaine colonial rendent compte de la profondeur de la crise qui s’exprime dans le déphasage permanent entre les réformes mises en oeuvre et le rythme des mutations en cours. Dès leur état d’ébauche, la plupart des réformes tombent en désuétude, soumises aux effets dévastateurs d’un puissant mouvement de revendications sociales et politiques de plus en plus exigeant.

En AOF [1], l’expression la plus radicale de ces revendications a été formulée au congrès constitutif du RDA. Cet acte fondateur fut le prélude à cinq années de lutte et de répression sur plusieurs fronts, à l’origine des avancées considérables dans le domaine des libertés politiques et démocratiques, du statut civil des colonisés, des droits du travail, etc. À cette vague montante, les partis politiques métropolitains opposés aux demandes contenues dans le Manifeste du RDA issu du congrès de Bamako de 1946 ont adhéré au discours consistant à « diaboliser » l’apparentement des élus du RDA au groupe inter-parlementaire dirigé par le PCF.

En conséquence, le projet de la Rue Oudinot d’anéantir le radicalisme des positions du RDA s’est adossé sur deux lignes directrices complémentaires : démanteler l’organisation par une répression systématique de ses militants ou soustraire ses leaders à la forte influence que les communistes exerçaient sur eux par le biais des syndicats affiliés à la Confédération générale du travail et des GEC. Ce travail de sape, poursuivi avec un esprit de suite exceptionnel chez les gouvernements de la IVe République, a fini par porter ses fruits.

Paul Béchard d’abord...

L’offensive de l’administration coloniale s’est accélérée avec le départ des communistes du gouvernement intervenu le 5 mai 1947. La nomination de Laurent Péchoux au poste de gouverneur de la Côte d’Ivoire, avec pour mission de « nettoyer l’administration Latrille », traduit parfaitement l’option de la Rue Oudinot et de Dakar de domestiquer l’aile la plus radicale du mouvement nationaliste en Afrique française. La tâche ne fut pas aisée puisque le mouvement a non seulement réussi à contenir le choc mais il a pris l’initiative de l’affrontement dans certains territoires.

Les fondements de cette politique répressive se dévoilent dans l’analyse de la situation livrée par l’administration à travers le rapport de Paul Béchard, alors gouverneur général de l’AOF. Ce rapport montre l’incapacité de l’administration à se mettre à la hauteur des changements considérables et de tous ordres intervenus avec la Seconde Guerre mondiale. Les plus éclairés de ses représentants à l’échelle locale ou fédérale ont été incapables d’inscrire leur action dans le sillage des résultats de la conférence de Brazzaville au demeurant considéré comme un programme minimal par les éléments les plus modérés du mouvement nationaliste en Afrique ou vigoureusement contesté par les plus radicaux.

En février 1950, le haut-commissaire présente à la Rue Oudinot un rapport replaçant l’agitation dans le cadre de l’évolution politique générale de la Côte d’Ivoire et rappelant par quelles voies le RDA en est arrivé à la position actuelle de violence ouverte contre les autres partis à travers lesquels il cherche à atteindre l’autorité française. Le document explique l’origine de la puissance du RDA, résultat du soutien dont bénéficia cette organisation dans ses débuts, sous la direction de Houphouët-Boigny, médecin africain auquel son origine princière assurait un réel prestige. Prenant appui sur la bienveillante attitude de l’administration, le RDA aurait déclaré une guerre à outrance contre le commandement indigène. Il affirme que sans tomber dans la hantise du communisme et sans vouloir découvrir partout des émissaires du Kremlin, il était bon de signaler que le PC ne s’est jamais désintéressé de l’Afrique noire, et que son action parfaitement logique a été un facteur important du développement du RDA. L’un des dangers, et non le moindre, que présente le RDA provient de ce qu’il bénéficie de l’expérience communiste. Selon Béchard, le RDA devenu avec l’appui de l’administration « parti unique tout puisant [recueillant] 100 % des suffrages » en Côte d’Ivoire se renforça considérablement avec l’apparentement de ses élus à l’Union républicaine et résistante sous obédience communiste.

À l’appui de sa thèse, Béchard apporte plusieurs éléments destinés à prouver « l’insidieuse mais efficace action des hommes du PCF militant au RDA, inspirant et dirigeant le parti [africain] qu’ils jugeaient le plus propre à réaliser leurs desseins ».

Le RDA présenté sous ce jour comme instrument de la politique du PCF en Afrique est alors accusé de se livrer à un travail permanent de sape de l’autorité administrative affaiblie par le manque de personnel d’autorité. L’organisation, accusée de tirer profit des faiblesses de l’administration en créant une administration parallèle avec ses tribunaux, son service d’ordre et ses gendarmes. Telle est la situation que le haut-commissaire trouva à son arrivée en AOF, le 23 février 1948, et qu’il prit la ferme résolution de redresser, quel qu’en soit le coût. Le nouveau gouverneur, après l’échec de sa tentative de rapprochement avec Houphouët-Boigny, en a attribué la responsabilité aux « manoeuvres de d’Arboussier, Robert Léon, et éléments pro-communistes ». Il ne restait alors à l’administration qu’une seule solution : contrer les menées subversives du RDA « engagé à fond dans la voie du communisme stalinien », en s’appuyant sur des hommes résolus à « rétablir la situation [...], et à réaffirmer [...] la permanence de la présence française » en Afrique. Dans ce dispositif se distinguèrent les gouverneurs Péchoux en Côte d’Ivoire, Mouragues en Haute-Volta et Wiltord au Sénégal. Pour atteindre leur objectif de mettre un terme à la contestation de l’autorité coloniale, tous les chefs d’inculpation, des plus subtils aux plus grossiers - rassemblements en période de méningite cérébro-spinale - étaient mis à contribution pour « pinailler les textes [et] en faire sortir tout ce qui pourrait contribuer à coffrer les gens du RDA ». Les propos suivants, contenus dans une note d’un responsable de la direction générale des Affaires politiques et administratives, sont suffisamment révélateurs de la détermination des autorités à en finir avec la contestation : « On peut évidemment s’asseoir sur la Constitution et j’en serais volontiers partisan mais il faudrait alors demander officieusement à M. Mouragues [2] si la réforme qu’il propose est susceptible de provoquer un recours en Conseil d’État qui ne manquerait pas alors de lui donner tort, ce qui serait évidemment très fâcheux. Si rien n’est à craindre, il faudrait conseiller à M. Mouragues, toujours très officieusement, de prendre un arrêté dans le genre de ce1ui du Soudan pour Bandiagara, d’en rendre compte à Dakar, et nous mettrons bien gentiment ce papier dans nos archives où il ira sommeiller avec son collègue Dogon [3] ».

Face à la terreur administrative qui s’abat principalement sur le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), deux options restaient ouvertes pour la direction du RDA : radicaliser la lutte en une « guerre, et de la pire espèce, celle de la guérilla dans ces régions d’épaisses forêts où les combattants du Rassemblement auraient pu tenir indéfiniment [...] » (Houphouët- Boigny cité par Siriex, 1975 : 139) ou trouver un compromis avec le pouvoir colonial. La seconde option, plus conforme aux intérêts des leaders du PDCI, la plus forte section territoriale du RDA, pouvait prévaloir pour de multiples raisons. Le RDA n’a jamais remis en question l’Union française, la loi Houphouët-Boigny abolissant le travail forcé avait mis fin en 1946 à l’obligation faite à 80 % des 15 000 membres du SAA [4] « d’abandonner leurs propres plantations pour celles de leurs collègues européens ».

Les leaders du RDA ne pouvaient s’adresser à une administration locale totalement enfermée dans une logique répressive prisonnière d’une incapacité notoire à prendre en compte les évolutions introduites par la guerre d’autant qu’en métropole, l’opinion restait acquise à l’emploi des moyens forts dans les colonies, avec l’obsession de ne pas « perdre la face » (Mendès France, Lettre-préface à l’ouvrage de François Mitterrand, 1953 : 13).

L’analyse de la situation faite par Paul Béchard à la suite des rapports qui lui parvinrent des différents territoires de l’AOF, sur les aspects les plus divers liés aux activités du RDA, empêchait toute possibilité de déblocage de la situation à l’échelle de la fédération. Pour contourner cette logique d’affrontement, Houphouët-Boigny dût s’adresser aux plus hautes autorités françaises ; puisqu’en dépit de la tension politique, les conquêtes réalisées et les intérêts dont la direction du RDA et surtout celle de sa principale section - le PDCI - étaient le porte-parole n’autorisaient pas la poursuite de la radicalisation du mouvement souhaitée par certains leaders, proches ou non du PCF. Le problème à élucider reste la promptitude avec laquelle le gouvernement Pleven et son ministre de la France d’outre-mer ont su répondre à l’offre de paix du leader du RDA dans une conjoncture politique plutôt délicate (Siriex, 1975 : 126-128).

François Mitterrand ensuite

L’historiographie attribue le succès de la réorientation du RDA à François Mitterrand qui doit cette paternité à un ensemble de faits survenus pendant qu’il exerçait les fonctions de ministre de la France d’outre-mer, sous le gouvernement de René Pleven et sous celui de son successeur Queuille. Les témoignages nombreux et concordants affirment qu’il a conduit les négociations qui ont abouti à la domestication du RDA et à son apparentement au parti du président du Conseil René Pleven, avec qui François Mitterrand fut cofondateur de l’Union démocratique socialiste de la Résistance (UDSR). Les négociations auraient abouti à des résultats positifs à l’occasion de l’inauguration, par François Mitterrand, du port d’Abidjan avec l’ouverture du canal de Vridi à la navigation, en 1951, quelques mois avant l’officialisation du divorce entre le RDA et le PCF.

Ce succès, le ministre de la FOM le doit à la situation politique en métropole mais aussi à l’analyse qu’il fait de l’avenir de l’empire colonial français. François Mitterrand expose ses idées dans un ouvrage alors qualifié « d’audacieux » (Mendès France, op. cit.), publié en 1953 : Aux frontières de l’Union française. Indochine-Tunisie. Dans cet ouvrage, François Mitterrand fait preuve d’une remarquable capacité d’anticipation en proposant une politique de modernisation de la colonisation française. Je ne pense pas que ce soit des motivations angéliques ou d’amour métaphysique de l’Afrique qui soient à la base de la place centrale que ce continent occupe dans ses préoccupations. Pour François Mitterrand, il s’agit avant tout des intérêts de la France et de la préservation de son rang dans le monde. Prenant la mesure des évolutions introduites par la guerre en Afrique en général et au Maghreb en particulier, il dégage les conditions de possibilité du maintien de la domination française en Afrique par une association des élites locales à l’exercice du pouvoir, politique que les radicaux africains dénommèrent ultérieurement le néocolonialisme (Ly, 1992).

Dans son ouvrage dont la première partie est de façon significative intitulée « L’Afrique d’abord ! », François Mitterrand estime que l’Asie est perdue et qu’il est illusoire de gaspiller son temps dans une guerre en Indochine où, dans le meilleur des cas, la France sera expulsée même en cas de victoire militaire. Il considère que les 3 000 milliards dépensés dans cette guerre « pour ne pas perdre la face » auraient fait du Maghreb une Californie comme en porte témoignage les réalisations obtenues avec 350 milliards investis en Afrique entre 1946 et 1953.

François Mitterrand établit un diagnostic très lucide sur la situation de la France au cours et au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il s’étonne qu’elle ait pu conserver son empire intact après tant de déboires et de déroutes et un net affaiblissement. « C’en est presque insolent ! » (Mitterrand, 1953 : 21) s’exclame-t-il. Si la France reste sourde au signal fort qu’est l’évolution désastreuse de sa situation en Asie, elle risque d’expérimenter la première l’inévitable « effondrement des vastes constructions coloniales », en ne saisissant pas la chance qui lui reste en Afrique (p. 21). François Mitterrand estime que « la tentative de restaurer un système périmé », en lieu et place de « vues audacieuses et des initiatives promptes » (p. 22) est nécessairement vouée à l’échec. Il multiplie les suppliques en faveur de la partie africaine de l’empire français : « Notre opiniâtre maintien en Indochine, s’il exhausse les vertus des combattants, nuit à notre perspective africaine, la seule valable ! » (p. 23). Il fait comprendre une différence essentielle entre l’Asie où « [...] le communisme donne le ton au nationalisme » et l’Afrique où « c’est le contraire » (p. 25) et fustige la politique aveugle de l’administration qui traite les demandes les plus anodines exprimées par les autochtones « comme subversion communiste » (p. 26).

François Mitterrand dresse un portrait sévère des représentants du pouvoir dans les colonies : « les connaisseurs dont l’expérience inhumaine a régulièrement précipité les catastrophes, c’était pactiser et trahir que de vouloir les guérir », et condamne définitivement leur politique à courte vue qui « au lieu d’orienter les territoires d’outre-mer vers des formes institutionnelles fédérales au sein d’une confédération franco-africaine [...] [les abandonne] aux forces centrifuges qui avaient déjà déchiré de plus vastes et plus majestueux empires » (p. 26). Il développe un véritable plaidoyer en faveur d’une option sans équivoque pour la « France eurafricaine », la seule réalité historique incontestable (p. 35-36). Ainsi François Mitterrand est favorable à une Union française où la métropole se charge du maintien de l’unité militaire, diplomatique et économique « compatible avec l’autonomie interne de chacune des parties constituantes de l’Union, [permettant] aux peuples associés à notre destin de définir leurs propres institutions » (p. 36). En définitive, pour François Mitterrand, tout est permis sauf le divorce.

Pourtant les choses furent loin d’être simples ; le plus dur pour le RDA fut la fronde des intellectuels bien contenus en Côte d’Ivoire et en Guinée, avec plus de difficulté au Sénégal, au Niger et au Cameroun, et dans les associations de jeunesse affiliées à l’organisation. Houphouët-Boigny n’a cependant eu cure de cette fronde des intellectuels dont il estime l’action peu efficace dans la lutte du RDA. Faisant le diagnostic des années de répression, il écrit :
« Certes la masse des paysans et ouvriers, dans sa quasi-unanimité, a magnifiquement résisté à la répression, mais partout, les cadres ont cédé, les chefs d’abord et ensuite les fonctionnaires, les employés de commerce, les petits traitants dont la vie quotidienne dépendait de l’administration et du colonat [...], devrions-nous assister indifférents à cette entreprise de désincarnation qui était tentée auprès de ceux-là mêmes qui devaient servir de guide aux populations. »

Conclusion

Le coût politique du désapparentement se situe ailleurs : la Rue Oudinot n’a pu empêcher que l’administration coloniale hostile au rapprochement ne favorise les adversaires du RDA lors des élections législatives de 1951 (Siriex, 1975 : 142). L’unification des partis africains, objectif avancé pour légitimer le changement d’orientation, fut vite remise en cause au profit d’un nouvel arrimage du RDA à un autre parti métropolitain, l’UDSR de René Pleven et de François Mitterrand.

Jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France s’était essentiellement, voire exclusivement, appuyée sur les groupes sociaux issus des anciennes aristocraties défaites par l’ordre colonial pour assurer une certaine légitimité à son ordre politique imposé en Afrique au sud du Sahara. Les nombreuses transformations apportées par la guerre ont sérieusement atteint les capacités de ce groupe à contenir la montée de nouvelles élites issues de l’école coloniale, revendiquant une meilleure place dans la direction des affaires coloniales sans poser le problème de la rupture avec la France.

L’administration coloniale a eu du mal à s’adapter à cette nouvelle conjoncture même si certains de ses responsables ont perçu la nouvelle donne, la gestion autoritaire a plus souvent prévalu sur toutes les autres envisagées. « À mon avis, c’est un des drames et un des paradoxes de l’Afrique actuelle que les éléments les moins sympathiques et les plus nerveux de sa population soient en même temps son avenir et son dynamisme. Le fin mot de la politique à suivre aujourd’hui devrait être d’avoir une politique double : d’abord celle qui viserait les “vieux”, avec une politique de chefferies coutumières, de présence continue et de commandement ; et parallèlement, celle qui viserait les “jeunes” et qui serait une politique de travail en collaboration avec le Conseil général, de fermeté dans la surveillance des attributions des élus, mais de fermeté essentiellement diplomatique. J’ai l’impression que le plan d’action Mouragues ne respecte pas cette bivalence. » Face à cette politique de courte vue, Houphouët-Boigny s’est adossé sur son appartenance par ses origines au milieu des « vieux » et par sa formation à celui des « jeunes » pour implanter un puissant mouvement de contestation que la répression a eu du mal à entamer. Cette double identité a permis au leader du RDA de jouer un rôle capital dans la transformation des modalités de la domination française en Afrique avec l’irruption des élites formées à l’école coloniale dans la gestion des territoires coloniaux. La perspicacité politique de François Mitterrand se révèle avec la conscience qu’il a eue de l’inéluctabilité d’une telle évolution, la seule, à son opinion, encore apte à préserver les intérêts de la France en Afrique.

François Mitterrand et Houphouët-Boigny ont ainsi largement contribué à l’édification du socle sur lequel s’est appuyée l’autonomie des territoires coloniaux de l’empire français codifiée par la loi-cadre en 1956. Ils ont joué une partie difficile mais inscrite dans la logique des intérêts convergents des partis qu’ils représentaient même si certains éléments de leurs camps respectifs ont eu beaucoup de difficultés à les suivre. Le poids politique du leader du RDA neutralisant la fronde de son aile radicale et la clairvoyance de François Mitterrand dans la défense des intérêts de la France se sont conjugués pour aboutir à la pose de la première pierre en Afrique française de ce que l’aile la plus radicale du mouvement nationaliste africain a nommé sous le vocable de néocolonialisme.

Extrait de l’intervention d’Ibrahima Thioub lors du colloque de Dakar, organisé en janvier 1997 à l’initiative de l’IFM et de l’Unesco, Maître-assistant à la faculté des Lettres et Sciences humaines - département d’Histoire de l’université Cheikh Antu Diq.

[1Afrique occidentale française

[2Gouverneur de la Haute-Volta.

[3ARS, 17 G 560, microfilm, bobine 455, DGAP, note du 8 septembre 1948.

[4SAA : Syndicat agricole africain.


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