4 décembre 1990

Colloque "Pour en finir avec les grands ensembles" à Bron dasn le cadre de "Banlieue 89".

À propos du film de fiction et du documentaire de Serge Moati


Publication | Annonce publiée le 20 mai 2008

À propos du film de fiction et du documentaire diffusé sur France 2, le mardi 22 avril 2008 sous la responsabilité de Serge Moati, Ginette et Jean Munier tiennent à faire la mise au point suivante.
Ginette Munier — Caillard de son nom de jeune fille — assurera dans la clandestinité le secrétariat du Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (MNPGD). Son mari, Jean Munier, prisonnier de guerre en Allemagne dans le même kommando que celui de François Mitterrand, rejoint son ami de captivité dans la résistance au début de l’année 1943 où il aura la charge du “service action” en zone sud du MNPDG.


Mon mari Jean et moi-même sommes d’anciens résistants au sein du mouvement de François Mitterrand. Nous y avons effectué des transports d’armes, servions d’agents de liaison, faisant du secrétariat lorsque cela était nécessaire. À ce titre, nous avons été des témoins directs de faits faussement rapportés et avons relevé plusieurs erreurs dans le film de Serge Moati :

– captivité : en plus de vouloir s’évader, François Mitterrand cherchait déjà comment agir pour aider à libérer la France de l’occupant, ne croyant absolument pas en la politique du Maréchal Pétain ;

– la présence de François Mitterrand à Vichy : après sa 3ème évasion, certains de ses amis du sud de la France l’ont mis en contact avec des résistants de Vichy et sa région ;

– la Francisque accordée à François Mitterrand : il n’a jamais réclamé la francisque. Le Maréchal la décernait généreusement à ceux qui s’occupaient des jeunes et des prisonniers, ce qui était le cas. Le jour même il m’a dit : « je l’accepte. Cela pourra me servir » ;

– les relations de François Mitterrand avec le colonel de La Rocque : François Mitterrand connaissait des personnes proches de ce parti. Personnellement il n’a jamais adhéré aux Croix de feu ;

– Jean-Paul Martin : il nous donnait des renseignements très utiles. Nous n’avions affaire qu’à lui. Jamais à son supérieur Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy ;

– l’Etoile jaune : François Mitterrand a toujours respecté les religions. Il avait plusieurs amis juifs, y compris au cours de cette terrible période. Georges Dayan, Bernard Finifter (connu en captivité) étaient de ceux là, bien d’autres encore. À la fin de la guerre, il a été ému au plus profond de lui-même face à l’horreur des camps d’extermination, notamment lors de sa visite à Dachau, l’un des premiers Français à s’y rendre à l’époque de la libération de ce camp et où il retrouva miraculeusement Robert Antelme, vivant, méconnaissable, déporté quelques temps plus tôt.

En résumé, les actes courageux de François Mitterrand, grand résistant, aimant son pays libre et digne, sont incontestables.


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